Un secret

par

Une enfance bercée par l’imaginaire

Il est bien connu que l’enfance est la période la plus sensible de l’existence des humains. Elle est caractérisée par une certaine fragilité, et plus que toute autre chose, par l’insouciance. Cette dernière transparait à travers les multiples jeux auxquels s’adonnent les enfants. Généralement, ces adorables créatures ont des amis avec qui jouer, et dans le cocon familial, les frères et sœurs servent de compagnons. Mais que se passe t-il quand un enfant n’a ni frères, ni sœurs ? Cette question renvoie vous l’avez deviné au problème des enfants uniques. Avec qui peuvent-ils jouer ? Les amis certainement. Toutefois, il est important de préciser qu’aucun ami n’a rang de frère et que la présence d’un enfant issu de la même famille a tendance à manquer aux enfants uniques. En pareil occurrence, ils s’enferment dans l’univers des rêves, faisant travailler à outrance leur imagination afin de se soustraire à cette réalité qui ne leur plait pas. Nombre d’œuvres autobiographiques ont présenté ce type de situations comme par exemple « La boite à merveilles » d’Ahmed Sefrioui. Aussi n’est-on pas surpris de constater qu’il en est de même dans l’ouvrage qui est aujourd’hui soumis à notre analyse, j’ai nommé « Un secret » de Philippe Grimbert. Dans ce roman autobiographique, l’auteur parle au début de son enfance, et fait ressortir le fait que justement, il était un enfant unique. Nous le savons tous, au nombre des éléments susceptibles de caractériser la fragilité chez les enfants, figure la vulnérabilité. Cette dernière s’étend des possibles railleries que peut subir l’enfant du fait de ses compagnons de jeu à l’inquiétude qui résulte de la solitude. Il y a fort à parier que c’est pour faire disparaitre cette insécurité que l’imagination de narrateur a donné vie à un grand frère « Fils unique, j'ai longtemps eu un frère. Il fallait me croire sur parole quand je servais cette fable à mes relations de vacances, à mes amis de passage. J'avais un frère ». Mais cette innocente fabulation faisait en fait référence à une réalité qui n’allait pas tarder à être découverte. Et au nombre des indices menant à la découverte du secret, il y avait le nom de famille du narrateur.

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