Une saison au Congo

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Acte II

Le deuxième acte s’ouvre avec Mama Makosi et d’autres femmes qui se trouvent réunies dans le bar évoqué plus haut. Lumumba et Mokutu, accompagnés d’amis, y pénètrent. Ils discutent tandis qu’un fou arpente le bar critiquant à tout vent les noirs, les dirigeants… La Mama Makosi invite Lumumba à un évènement qu’elle organise. Il accepte son invitation et assure qu’il sera présent accompagné de ses ministres. Les critiques du fou semblent l’avoir éclairé sur la prochaine action à entreprendre afin de libérer son peuple d’un mal qui le mine.

Au cours d’une réunion des ministres congolais à Kalina, Lumumba est prévenu que le secrétaire-adjoint de l’O. N. U., M. Bunche, insiste pour le rencontrer. La question du Katanga est abordée. Lumumba décide de consulter Hammarskjöld sur l’avancement de la résolution de ce problème. Au cours de la réunion, Mokutu et M’Polo, nommé colonel, s’affrontent verbalement. Lumumba tranche en faveur de Mokutu et M’Polo le met en garde contre celui qu’il accuse de traîtrise. Le directeur de la police les rejoint et dresse un bilan peu glorieux de la situation dans les rues. Lumumba lui donne l’ordre d’arrêter tous les contrevenants, de fermer un journal qui s’attaque au gouvernement et de stopper toute action qui mènerait à la sécession. La scène s’achève sur un chant du joueur de sanza.

Lumumba rencontre Hammarskjöld et se plaint de son incapacité à mettre fin à la sécession katangaise. Il dit regretter que le secrétaire général ait décidé d’entrer en pourparlers avec le traître Tzumbi plutôt que de le faire abdiquer. Hammarskjöld affirme avoir agi en conformité avec les rapports que lui a faits Bunche, son adjoint. Lumumba lui demande des avions pour arracher le pouvoir des mains de l’usurpateur. Hammarskjöld lui explique qu’il ne doit pas, conformément à la charte de l’organisation, prendre parti dans un conflit. Lumumba soutient alors que les Russes lui donneront le matériel nécessaire et que bientôt ses troupes marcheront sur Élisabethville. Hammarskjöld lui fait ses adieux tout en lui souhaitant de ne pas avoir à regretter la décision hâtive et radicale qu’il a prise. Le joueur de sanza chante. Dans la pénombre, règne une atmosphère inquiétante, et guerriers armés, sorcières, femmes se découvrent, puis s’élève la voix de la guerre civile qui annonce un combat imminent.

La scène suivante se déroule à Kalina où se tient un Conseil des ministres. Lumumba y annonce la fuite de Kalonji, le traître qui avait usurpé le pouvoir sur Bakwanga. Les Balubas, autochtones de cette province, ont été tués en grand nombre lors de cette bataille. Le président pense que cette victoire leur coûte cher ; deux ministres acquiescent et préviennent les autres de l’image négative du Congo à l’extérieur. La presse belge les injurie et Hammarskjöld accuse les dirigeants de commettre un génocide, car les Balubas, tués chez eux, le sont aussi dans le Katanga. Un des ministres demande que l’A. N. C. (l’Armée nationale congolaise) qui s’est chargée de cette bataille soit rappelée. Lumumba pense que ce qui devait être fait l’a été, qu’il ne peut y avoir de bataille sans victimes. Il ajoute que les Belges ont tort de leur faire la morale car ce sont eux qui ont causé la tuerie des Balubas en créant une incompréhension entre Luluas et Balubas. Par contre, il pense célébrer dignement la prise du Bakwanga, le soir même, à la radio.

Dans la scène suivante, Lumumba se trouve dans un bar appelé « Chez Cassian » et danse avec Hélène Bijou, une jeune fille lulua. Kala-Lubu, le président de la République, se trouve à présent dans ses appartements au palais présidentiel. Dans un long monologue, tour à tour il prend la défense de Lumumba contre les critiques du peuple ou le maudit. Il finit par se remettre à l’écriture de son discours. Le joueur de sanza chante.

Lumumba se trouve dans son appartement avec son épouse Pauline, qui a peur. Elle pense que son époux est en danger et le prévient que des personnes qui lui sont proches complotent probablement contre lui. Elle évoque notamment Mokutu. Son époux la rassure ; il se montre confiant et convaincu que rien ne peut lui arriver, car il est uni avec le président et il a des amis. Son épouse lui reproche sa grande confiance. Il tente encore de la rassurer puis s’étant armé de sa guitare, joue un air triste. Il s’endort puis se réveille en sursaut. Il vient de faire un cauchemar dans lequel Kala et Mokutu prêtaient allégeance à l’évêque, qui le hait. Il ne sait pas qu’il s’agit d’une prémonition. Sa femme le réveille complètement et met la radio, car c’est l’heure des informations. On entend l’allocution du président dans laquelle il accuse Lumumba d’être responsable de la guerre civile qui ravage le pays et d’avoir gouverné de manière arbitraire ; il annonce sa révocation et celle de tout le gouvernement. L’ancien Premier ministre est remplacé par Joseph Iléo qui formera un nouveau gouvernement. Il ajoute que le chef des forces armées, Mokutu le soutient dans sa décision et qu’il espère que le peuple congolais fera de même. Lumumba, d’abord en état de choc, se ressaisit. Il discute avec M’Polo et affirme que rien n’est perdu. M’Polo lui suggère d’obtenir le soutien de l’O. N. U. mais Lumumba pense que cette organisation n’est que chimère. De plus, il a des amis dans le pays de N’Krumah, et ce sont eux qui détiennent le pouvoir médiatique.

Lumumba essaie sans succès d’accéder à la maison de la radio. Le colonel Ghana, en poste au Congo pour le compte de l’O. N. U., lui en refuse l’accès. Lumumba le menace de prévenir le président ghanéen Kwame N’Krumah, mais le colonel ne bouge pas. Il réitère qu’il est en poste au Congo pour l’O. N. U. et non pour son pays. Lumumba l’injurie, le soldat dégaine puis se ravise, car il pense que les Congolais tueront eux-mêmes Lumumba un jour. Le joueur de sanza parle et délivre un message d’éveil adressé à ses frères. À travers une petite anecdote, il veut leur faire comprendre que dans les heures de tumulte, c’est « chacun pour soi ».

Mokutu et ses soldats envahissent la villa de Lumumba. Ce dernier remercie son « ami » d’être venu afin qu’ils s’expliquent. Seulement, Mokutu est là pour autre chose. Il est venu lui annoncer qu’il va prendre le pouvoir. Un coup d’État l’a mené à la tête du Congo. Lumumba tente de lui ouvrir les yeux en lui parlant des maux dont souffre l’Afrique ; décimée, piétinée, manipulée, meurtrie, elle continue néanmoins d’espérer. Mokutu se fiche du sort de l’Afrique et s’est assigné de devoir de rétablir « l’ordre » au Congo.

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