Voyage au pays du coton

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Le marché des ressources premières comme moteur de la mondialisation

À l’image de nombreuses autres ressources premières, le coton a été l’un des moteurs de la mondialisation. Il devient impératif pour les états de générer plus de profits. Pour ce faire, il faut avoir plus de marchés pour écouler la production, et une main-d’œuvre la moins chère possible pour réduire les frais. La mondialisation, vue à travers le faisceau de ressources premières, prend l’aspect d’une course au profit.

« Pour récolter, on a besoin de bras. Une première mondialisation s’organise. L’Afrique, pour son malheur, entre dans la danse. L’industrialisation et l’esclavage avancent main dans la main. Tandis que Manchester et ses alentours se couvrent d’usines, Liverpool devient, pour un temps, le centre de la traite des Noirs. »

Ainsi, l’exploitation des ressources premières et du coton en particulier motive la traite des Noirs. La mise en place d’institutions internationales telles que la Banque Mondiale, d’autre part, sert à réguler, dans l’intérêt des états, le marché des ressources premières.

Dans Voyage au pays du coton, ce n’est pas d’un procès de la mondialisation qu’il est question, mais l’auteur ne manque pas de souligner les dangers que font peser certaines pratiques sur les économies des pays à travers le monde. À travers son récit, Erik Orsenna pose la question du commerce équitable, qui dans certains pays va à l’encontre du bien-être des cultivateurs. Sous cet aspect, la mondialisation est moins le rapprochement des cultures et des peuples qu’une concurrence pour le contrôle d’un marché économique.

« Saviez-vous que vers 1620, à Mexico, capitale de la Nouvelle-Espagne, la colère des tailleurs ne cessait de gronder ? Une forte communauté chinoise venait de s’installer et offrait déjà des vêtements à bas prix qui ruinaient la concurrence.

Si vous voulez en apprendre plus sur la douceur, je veux dire sur les rudes coulisses de la douceur, prenez la route, approchez-vous de l’“arbre à laine”. Et tendez l’oreille. »

À travers Voyage au pays du coton c’est surtout la question de l’inégalité qui est posée par l’auteur. Une inégalité qui ira toujours de pair avec la mondialisation, tant qu’elle sera un outil économique plutôt qu’un phénomène à dynamique humaniste. 

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