Voyage au pays du coton

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L’influence des ressources premières sur les politiques

Iln’y a pas d’industrie sans ressources premières, et aucun état ni gouvernementne peut faire abstraction de la course aux matières premières. Contrôler unematière première, c’est contrôler un pan de l’économie mondiale, et dans lescas où le contrôle absolu ne peut être garanti, les états ont de tout temps misen place des mécanismes servant à protéger leurs marchés des productionsétrangères.

« Pauvres Maliens !N’ont-ils le choix qu’entre un kolkhoze dépassé et une privatisation sauvageaccompagnée par les compresses de la charité ?

Vais-je me montrer impoli, gâchersoudain l’aménité de l’entretien ? Je quitte un instant le Mali. Je traversel’Atlantique. J’évoque ces subventions gigantesques versées parl’administration de Washington aux producteurs de coton américains. Nefaussent-elles pas le libre jeu de la concurrence, ne vont-elles pas contre laloi du marché ? En un mot, les agriculteurs de Kaniko, qui réclament la fin deces distorsions, ne sont-ils pas plus libéraux que leurs collègues du Texas? »

Ainsi,pendant que la filière coton au Mali souffre d’absence de subventions poursoutenir la production, aux États-Unis, les producteurs de coton bénéficient denombreuses subventions, ce qui leur permet de rester compétitifs sur le marchémondial. Aux niveaux nationaux, les lobbies autour des ressources premièrescontrôlent une dimension de la politique nationale en pesant sur les élections.

L’OrganisationMondiale du Commerce (OMC) est critiquée par l’auteur en raison de son systèmeinégalitaire qui ne profite pas à tous les producteurs de matières premières,de même que les banquiers mondiaux qui recommandent sans cesse de privatiserles entreprises nationales chargées de l’exploitation des ressources premières,qui deviendraient alors des sociétés privées concurrentielles. Toute lapolitique mondiale autour de la gestion des ressources premières semble êtreorchestrée dans le sens de se procurer les ressources premières au plus basprix possible, ou pour prendre le contrôle des productions nationales.

« Comme l’aide alimentairequi, concurrençant les paysanneries, porte si souvent en elle les germes desfamines futures, le don ruine la production locale. En une étrange complicité,l’industrie chinoise s’alliait à la charité du Nord pour détruire dans l’œuftoute velléité de textile malien.

Dans les années 1970, les paysd’Afrique de l’Ouest et du Centre avaient essayé d’attirer des investisseurspour créer des usines de filature et de tissage. Peu sont venus et presqueaucun n’est resté. Outre la fripe (vingt-cinq pour cent du marché), commentrésister aux importations sauvages asiatiques qui se moquent des soi-disantbarrières douanières ? »

Plutôtque d’avoir affaire à une guerre ouverte pour le contrôle d’une ressource commeon aurait pu s’y attendre par le passé, les actions politiques menées encouragentdes incursions subtiles dans l’économie des états au nom de la prospérité quegarantit le contrôle des ressources premières. 

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