Voyage au pays du coton

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Résumé

Voyage au pays du coton est un essai écrit par Erik Orsenna en 2006.L’œuvre est sous-titrée Petit précis demondialisation.

Cetessai historique et géopolitique débute dans « la nuit des temps » ;un homme passe devant le narrateur, il remarque un petit arbuste dont lesbranches se terminent par des « flocons blancs » : c’est ainsique l’humanité découvre la plante qu’est le coton. L’homme approche sa main ettouche le coton pour la première fois.

L’auteurpart de cet exemple simple et quotidien – le coton est en effet une matièretrès courante – pour extrapoler et expliquer sa vision de la mondialisation. Ce« traité de mondialisation » comme annoncé par le sous-titre ne secontente pas de parler de coton : Orsenna axe son travail surl’agriculture et l’industrie textile en passant par la biochimie. Il expliquemieux comprendre la planète après ses recherches, les échanges commerciaux et aussila mondialisation qui paraît si contemporaine mais qui date pourtant de la nuitdes temps. Orsenna écrit : « Pour comprendre les mondialisations,celles d’hier et celle d’aujourd’hui, rien ne vaut l’examen d’un morceau detissu. Sans doute parce qu’il n’est fait que de fils et de liens, et desvoyages de la navette » – ce qui résume le but de son travail et de sesnombreuses enquêtes.

L’auteurdresse ainsi un historique de cette plante, il plonge le lecteur dans lespremiers voyages connus de l’histoire comme ceux d’Alexandre le Grand en -326 àl’occasion de ses nombreuses conquêtes. Lui et ses troupes partaient sur leursnavires à la découverte du monde vêtus de cuir. Lors d’un voyage ils découvrentle coton, léger et confortable, bien plus pratique et confortable que ce qu’ilsportent lors des grandes chaleurs. Ils ramassent des graines et en plantent enGrèce. Les Arabes à leur tour en plantent en Égypte pour en cultiver sur leursterres. Le coton est ensuite cultivé dans tout le Maghreb, ainsi qu’en Espagne,où les musulmans ne portent que du coton. Les chrétiens, en parallèle,continuent de porter le lin mais aussi la laine venant du mouton, tandis qu’auSud on porte du coton.

LesCroisades accélèrent fortement les échanges économiques, puis c’est au tour descolonies anglaises et espagnoles, important et cultivant le coton en Inde, enAmérique du Nord et en Amérique latine. Les Espagnols sont émerveillés par lesvêtements des Mexicains et des Péruviens. Les Britanniques ont besoin de plusde coton et en plantent dans leurs colonies d’Amérique du nord, au sud du 37eparallèle. Les pays européens créent ensuite des techniques pour traiter lesmatières premières, comme les machines à tisser dès les XVIe et XVIIesiècles, puis le XVIIIe siècle marque l’avènement de l’Europe dansle commerce mondial : toutes les marchandises transitent à tarvers lemonde. La culture du coton en pleine croissance occasionne un besoin demain-d’œuvre considérable. L’esclavage se développe, notamment des hommes etdes femmes que les Européens vont chercher en Afrique pour les faire travaillerdans les colonies d’Amérique.

Laplanète du coton se développe encore quand les États-Unis deviennentindépendants. Suite à la guerre de Sécession, un siècle plus tard, l’esclavageest aboli. L’Europe se tourne alors vers l’Inde. L’Amérique du Sud et l’Afriquecultivent plus de coton encore.

L’auteurrenseigne aussi le lecteur sur des statistiques utiles : le coton réclameassez peu d’eau mais a besoin de beaucoup de chaleur et de lumière, donc desoleil. Il est planté sur 35 millions d’hectares dans 90 pays différents. LaChine, les États-Unis, l’Inde et le Pakistan représentent 70 % de laproduction mondiale.

Lenarrateur voyage au Mali à Bandiagara au pays des Dogons, puis à Koutiala où laproduction du coton appartient à une compagnie nationale, la CMDT (CompagnieMalienne pour le Développement du Textile), la plus grosse entreprisecotonnière de la planète, exportateur principal du Mali. Le Mali qui détientcette compagnie est victime de l’oscillation des cours du coton et s’endettelorsqu’il baisse et que les ventes se font à perte. Ses demandes d’aide à laBanque Mondiale de Washington ne reçoivent aucune réponse favorable, et ce tantque l’entreprise n’est pas privatisée, ce que confirme l’ambassadrice des États-Unisà Bamako.

L’auteurévoque le système de production et d’aides des états, notamment les aides des États-Unisà leurs agriculteurs. Il déplore les subventions trop importantes et l’avantageconsidérable de l’Occident ; sont évoqués les grands banquiers deWashington et de New York et la bourse agricole qui se trouve à Chicago. Lenarrateur découvre au Texas que le coton américain représente 40 % desexportations mondiales de coton, d’où l’importance des lobbys et de la pressionqu’ils exercent sur les hommes politiques lors des élections. La visite d’unlaboratoire à Knoxville par Orsenna lui révèle qu’un tiers du coton actuel est issud’une plante génétiquement modifiée, dans laquelle est intégrée une molécule deRoundup de Monsanto, pour tuer les mauvaises herbes autour du coton.

AuBrésil l’auteur montre les intérêts économiques des producteurs qui grappillentdes terres sur la forêt amazonienne, ce qui menace dangereusement ce qu’onappelle communément « le poumon vert » de la planète, qui perd desarbres sur l’autel des productions agricoles, malgré les mises en garde desorganisations écologistes. Le Mato Groso, plateau en altitude, est leterritoire agricole le plus étendu du monde. L’auteur y rencontre également unchercheur qui prélève sur des araignées des gènes afin de les intégrer auxcotonniers dans le but de les renforcer.

Larécit continue en Égypte où le narrateur visite un musée au Caire qui présentetoutes les variétés de coton et retrace son histoire. Puis il se rend àAlexandrie où l’on produit « le meilleur coton du monde », le plusfin et le plus doux de la planète, car les conditions climatiques y sontoptimales.

Levoyage se poursuit en Ouzbékistan, le second plus gros producteur mondial. L’Étatachète à faible prix le coton des paysans, qu’il revend le double du prixd’achat sur le marché mondial. Le pays exporte beaucoup vers l’Inde et laChine. Le narrateur découvre une méthode de travail archaïque, manuelle. Lesjeunes travaillent douze heures par jour de septembre à début décembre pour dessalaires misérables (4 centimes d’euro le kilo). La culture du coton est renduepossible grâce à l’eau venant de la fonte des neiges du Pamir, retenue sur lefleuve Syr-Daria au détriment de la mer d’Aral qui a perdu beaucoup de sa superficie.

Puisle narrateur va en Asie, en Chine. Il découvre ce que l’on appelle« l’empire de la chaussette » dans la ville de Datang : deuxmondes s’y côtoient entre les usines modernes pour quelques grandes marquesvendant en majorité dans les pays riches occidentaux, et les petites fabriques« à l’ancienne », où les machines fonctionnent à la force de l’hommeet non à l’électricité, et où tout va plus lentement comme au XIXème siècle. Ony compte des milliers d’ateliers artisanaux, chacun étant spécialisé dans undomaine précis. Les salariés y travaillent douze heures par jour, gagnent 100 €par mois et dorment sur place. L’auteur cherche à savoir pourquoi les ouvrierschinois se soumettent à de telles conditions. C’est que cette « armée detravailleurs » est prête à tout pour quitter les campagnes où la misèreest bien pire que dans les villes. Quittant Datang pour Suzhou, ville de latechnologie, l’auteur présente le grand écart entre des villes fabriquant desmilliers d’ordinateurs chaque jour comme à Suzhou et les usines où l’on file lecoton comme il y a 200 ans.

Levoyage d’Orsenna se termine là où il a commencé, en France, plus précisémentdans les Vosges à Lépange-sur-Vologne, village de seulement 1 300habitants où est installée une petite entreprise textile de 85 employés. Lepatron explique que malgré la concurrence mondiale il espère développer unprocédé rendant le lin et le coton infroissables. L’innovation technologiquereste ainsi le seul moyen de lutte face à la concurrence, notamment laconcurrence chinoise.

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