Voyage au pays du coton

par

L’histoire du coton

Erik Orsenna réalise une rétrospective très poussée de l’histoire du coton, depuis sa découverte jusqu’aux temps modernes. Cette rétrospective sert principalement à expliquer la très grande expansion de cette matière première à travers la planète. Comme le souligne Erik Orsenna dans les premières lignes de son essai, les civilisations humaines se sont toujours construites et développées autour des ressources qui sous-tendent leur prospérité. C’est le cas des étendues et des cours d’eau, des forêts ou encore des terres agricoles fertiles. Orsenna choisit d’étudier le coton dont la grande expansion à travers le temps lui permet d’analyser la mondialisation des ressources premières.

« Les matières premières sont des cadeaux qui parlent. Il suffit d’écouter. Elles nous chuchotent toutes sortes d’histoires à l’oreille : il était une fois…, dit le pétrole ; il était une fois…, dit le blé.

Chaque matière première est un univers, avec sa mythologie, sa langue, ses guerres, ses villes, ses habitants : les bons, les méchants et les hauts en couleur. Et chaque matière première, en se racontant, raconte à sa manière la planète. »

Ainsi, le lecteur assiste à la découverte du coton dans la nuit des temps, puis est témoin de l’introduction du coton tour à tour en Grèce, en Inde, en Algérie, en Espagne. Puis le coton qui jusque-là s’assimile à l’influence musulmane s’étend encore plus en profitant des croisades. À partir de ce moment, l’auteur souligne bien que la culture du coton fait suite à une modification des habitudes. Il n’y a plus la scission traditionnelle entre chrétiens en laine et musulmans en coton. Tout le monde veut profiter du coton, et par conséquent, il faut en produire plus.

La tendance des états à exploiter les territoires agricoles de leurs colonies – pour satisfaire la demande globale de coton et profiter de la prospérité que promet la fibre – s’est perpétuée depuis la fin des croisades jusqu’à aujourd’hui où le coton représente à l’échelle mondiale 35 millions d’hectares dans plus de 90 pays. Dans les anciennes colonies, le modèle agricole est conservé et, face aux enjeux et aux difficultés que présente une production aussi vaste d’une même ressource, les hommes doivent chercher, ailleurs que dans la surface agricole, de nouveaux moyens de profiter de la prospérité du coton.

« Le coton réclame assez peu d’eau (soixante-quinze centimètres de pluie ou d’irrigation) ; mais, pour fleurir, il a besoin de beaucoup de chaleur et, surtout, de lumière. Il est aujourd’hui planté entre le 37e parallèle nord et le 32e sud, sur trente-cinq millions d’hectares, dans plus de quatre-vingt-dix pays. Mais quatre d’entre eux (Chine, États-Unis, Inde et Pakistan) représentent soixante-dix pour cent de la production mondiale. Viennent ensuite le Brésil (en forte progression), l’Afrique de l’Ouest, l’Ouzbékistan et la Turquie. »

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