Winesburg, Ohio

par

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Sherwood Anderson

Sherwood Anderson est un écrivain américain né le 13 septembre 1876
à Camden dans l’État américain de l’Ohio. Il est notamment connu pour la
qualité de ses nouvelles comme celles du recueil Winesburg, Ohio à travers lequel il décrit la vie de gens
particuliers. Le lieu mythique de son imaginaire est Clyde, dans l’Ohio, où il
passe son adolescence en s’essayant à divers métiers.

Issu d’une famille rurale pauvre aux origines italiennes, Anderson
Sherwood doit mettre un terme à ses études dès l’âge de quatorze ans. Parmi les
expériences les plus marquantes de sa vie, figure sans conteste sa
participation à la guerre à Cuba pendant le conflit hispano-américain. Suite à
sa démobilisation, il travaille en tant qu’administrateur au sein d’une usine
de vernis de l’Ohio. Il renonce finalement à y faire carrière afin de se
tourner vers le milieu de la publicité où il intègre rapidement une agence
spécialisée. Néanmoins, sa vocation littéraire finit par l’emporter au bout de quelques
années puisqu’il décide finalement de se consacrer exclusivement à l’écriture.
C’est ainsi qu’il abandonne métier, femme et enfants pour s’installer à Chicago
où il fréquente des journalistes et des écrivains radicaux comme Theodore
Dreiser, Lee Masters, Sandburg. Il ira ensuite à New York et à Paris où il
rencontre Gertrude Stein.

Après son premier roman fortement autobiographique, Windy McPherson’s Son (1916), Anderson
parvint à la célébrité avec son recueil de nouvelles Winesburg, Ohio (1919), description minutieuse, faussement naïve,
d’un microcosme provincial peuplé de créatures singulières, façonnées par leurs
angoisses, leur refoulement, leur solitude – et qui fait écho à l’endroit où il
a vécu, Clyde, dans sa jeunesse.

De par la particularité de son œuvre littéraire, Sherwood Anderson aura
une grande influence sur de nombreux auteurs américains comme William Faulkner
ou Ernest Hemingway. En effet, de nombreuses similitudes apparaissent au moment
de comparer le style virtuose de ces deux auteurs avec celui de Sherwood
Anderson qui excelle en son temps dans le genre littéraire exigeant de la
nouvelle. Le style d’écriture de Sherwood apparaît à la fois chaleureux et
incisif, voire amusé ou ironique par moments comme en témoignent ses recueils
de nouvelles Winesburg, Ohio ou Triumph of the Egg (Le Triomphe de l’œuf).

Il faut néanmoins noter que la popularité de Sherwood Anderson
n’est plus aujourd’hui ce qu’elle a pu être de son vivant. Ses œuvres sont
rarement rééditées, surtout en France où il est de plus en plus difficile de
trouver ses ouvrages.

Après avoir connu le succès dans le genre de la nouvelle, il s’essaye
à l’écriture de romans. Dans les œuvres suivantes, on retrouve les mêmes
thèmes : l’inadaptation, le désarroi de l’individu au sein d’une société
toujours plus mécanisée. Dans Pauvre
Blanc
(1920) par exemple, l’analyse des souffrances d’un inventeur
solitaire s’entremêle au récit des vicissitudes d’une ville qui se corrompt à
mesure que l’industrialisation progresse. Il essaye aussi de s’attaquer à sa
manière à ce puritanisme qui n’a plus lieu d’être selon lui, en traduisant avec
beaucoup de finesse les émois sexuels des jeunes à cette époque où le contexte
social n’est pas favorable à leur éploiement – une démarche courageuse qui ne
lui aura pas valu le soutien d’une partie des critiques et du lectorat. C’est
ce qui explique que sa carrière littéraire ait pu connaître quelques passages à
vide.

Dans Dark Laughter (1925),
la jovialité supposée caractériser la culture afro-américaine est opposée à la
stérile civilisation des blancs. Par la franche exposition des frustrations
sexuelles et l’attention portée à des personnages en apparence insignifiants,
par l’invention d’une province américaine mythique où évoluent de jeunes
rebelles, des rêveurs, des marginaux, Anderson exerce une influence décisive
sur certains écrivains de la génération d’après-guerre. Son style délibérément
simplifié, fondé sur l’utilisation de la langue populaire, les effets de
répétition, l’usage de la phrase « ouverte » ou incomplète, selon la
leçon de Mark Twain et de Gertrude Stein, se prêtent aisément à la parodie –
comme Hemingway en fit la démonstration dans The Torrents of Spring (1927). Il renouvelle néanmoins les
possibilités expressives de la prose américaine.

Il décède d’une pneumonie le 8 mars 1941 à l’âge de 65 ans alors
qu’il se rendait avec sa quatrième épouse en Amérique du Sud à bord d’un
bateau. 

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