De tocqueville

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  • Publié le : 31 mars 2010
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Introduction : Alexis de Tocqueville (1805-1859) a publié deux ouvrages essentiels : De la démocratie en Amérique (T 1 : 1835 ; T 2 : 1840) et L'Ancien Régime et la Révolution (1856).
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Fils d'un légitimiste (_nom donné aux partisans des héritiers de la famille de Louis XVI_), il croit dans un premier temps que la Restauration (retour de la monarchie en France aprèsl'abdication de Napoléon) saura capitaliser l'héritage de la Révolution. Mais, il est déçu par Charles X, et se désintéresse de l'action de Louis-Philippe (« roi des français » issu des « trois glorieuses » de la révolution de 1830). Aussi, il accepte sans problème la Révolution de 1848(qui instaure la Iième République), et s'oppose au coup d'Etat de Louis-Napoléon (qui débouchera sur le Second Empire).C'est un penseur libéral, largement ignoré en France jusqu'à sa redécouverte par Raymond Aron. Il se donne pour but de décrire les transformations de la société contemporaine liées à l'extension de la « démocratie ». Ses jugements sont influencés par son origine aristocratique. C'est pourquoi, sa vision est assez pessimiste, car il est convaincu que les sociétés sont sur la voie de la décadence ;il n'y a pas pour lui de «lendemains qui chantent», comme chez Marx ou Comte.
Nous verrons par la suite que sa remise au goût du jour par les penseurs français s'inscrit dans une perspective générale de critique du marxisme. En effet, il propose un cadre général de réflexion permettant de s'interroger sur le totalitarisme, et le rôle de l'opinion publique ainsi que de l'Etat. Comme Montesquieu(cf. cours de 1ES, spécialité), il insiste sur la nécessité de mettre en place des contre-pouvoirs.
I Changement social et démocratie.
(1) L’égalisation des conditions.
a) Comparaison des sociétés aristocratiques et démocratiques.
Quand le pouvoir royal, appuyé sur l'aristocratie, gouvernait paisiblement les peuples de l'Europe, la société, au milieu de ses misères, jouissait deplusieurs genres de bonheur, qu'on peut difficilement concevoir et apprécier de nos jours.
La puissance de quelques sujets élevait des barrières insurmontables à la tyrannie du prince [...] Placés à une immense distance du peuple, les nobles prenaient cependant au sort du peuple cette espèce d'intérêt bienveillant et tranquille que le pasteur accorde à son troupeau [...] N'ayant point conçu l'idéed'un autre état social que le sien, n'imaginant pas qu'il pût jamais s'égaler à ses chefs, le peuple recevait leurs bienfaits et ne discutait point leurs droits. Il les aimait lorsqu'ils étaient cléments et justes, et se soumettait sans peine et sans bassesse à leurs rigueurs, comme à des maux inévitables que lui envoyait le bras de Dieu. L'usage et les moeurs avaient d'ailleurs établi des bornes àla tyrannie et fondé une sorte de droit au milieu même de la force.
Le noble n'ayant point la pensée qu'on voulût lui arracher des privilèges qu'il croyait légitimes, le serf regardant son infériorité comme un effet de l'ordre immuable de la nature, on conçoit qu'il put s'établir une sorte de bienveillance réciproque entre ces deux classes si différemment partagées du sort. On voyait alors dansla société, de l'inégalité, des misères, mais les âmes n’y étaient pas dégradées. Ce n’est point l'usage du pouvoir ou l’habitude de l’obéissance qu'ils considèrent comme illégitime, et l'obéissance à un pouvoir qu'ils regardent comme usurpé et comme oppresseur.
D’un côté étaient les biens, la force, les loisirs, et avec eux les recherches du luxe, les raffinements du goût, les plaisirs del'esprit, le culte des arts; de l'autre, le travail, la grossièreté et l'ignorance. Mais au sein de cette foule ignorante et grossière. on rencontrait des passion énergiques, des sentiments généreux, des croyances profondes et de sauvages vertus. Le corps social ainsi organisé pouvait avoir de la stabilité, de la puissance, et surtout de la gloire.
Mais voici les rangs qui se confondent ; les...
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