Diderot salon de 1763

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  • Publié le : 4 décembre 2011
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Denis Diderot, Salon de 1763
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Diderot déclarait dans Pensées détachées sur la peinture, la sculpture et la poésie  : « Dans la description d’un tableau, j’indique d’abord le sujet ; je passe au principal personnage, de là aux personnages subordonnés dans le même groupe ; aux groupes liés avecle premier, me laissant conduire par leur enchaînement ; aux expressions, aux caractères, aux draperies, aux coloris, à la distribution des ombres et des lumières, aux accessoires, enfin à l’impression de l’ensemble », soulignant ainsi son rôle de critique d’art et se référent de toute évidence à Salon de 1763. Il s’essaye à expliquer l’élaboration, la logique de ses jugements et sa vision del’art qu’il aimerait sans doute objective malgré la part indéniable de subjectivité qu’une telle critique exerce.
Aussi dans l’extrait qui nous est présenté, Diderot ne se contente pas de décrire deux toiles de Jean Siméon Chardin tel qu’il prétendait le vouloir ; il va au-delà, se penchant sur le métier et le travail du peintre, s’extasiant devant le talent indéniable de l’artiste en question.Du début de l’extrait à la ligne 8 (« une bigarade, avec un pâté »), Diderot nous présente le travail admirable de Chardin, qui a su retranscrire la Nature elle-même, en plusieurs étapes : insistant tout d’abord sur l’importance de l’acte de colorier, puis en rapprochant la tentative de reproduction à la Nature elle-même ; ensuite, il se met à la place d’un observateur objectif tentant de semouvoir dans les gestes de l’artiste. Enfin, il compare le talent de Chardin à ceux des autres artistes qui n’ont su saisir le Réel avec autant d’exactitude que le peintre en question.
La deuxième partie, de la ligne 12 à 29, Diderot évoque la quête d’Idéal de tout artiste et souligne que le talent de l’Artiste réside dans sa capacité à retranscrire une véritable mimésis. Pour cela, il vient mettre leregard du spectateur au centre de l’acte de création : en plus de retranscrire une image, l’Artiste parvient à saisir son essence, et suggère alors le toucher, l’ouïe, qui viennent donner vie à l’œuvre d’Art. En tentant de copier la nature, il va la sublimer, tel un être divin. Car l’artiste ne se contente pas de reproduire : il crée.
Enfin, dans un dernier paragraphe, Diderot vient mettre enlumière le génie des artistes qui pratiquent la peinture comme une science occulte, comme un acte de sorcellerie, relevant du surnaturel. Il cherche ainsi à faire éclater au grand jour l’incompréhension et l’insignifiance du spectateur face à tant de grandeur.
Comment l’Artiste parvient-il, en tentant de copier la Nature, à retranscrire le Réel tout en le sublimant, aux yeux du spectateur, parl’acte de création ?

Tout d’abord, l’auteur nous expose le travail du peintre Chardin et nous décrit un de ses tableaux qui pourrait être «Le bocal d’olive ».
Le texte s’ouvre par un rapport de causalité : « c’est celui qui est un peintre, c’est celui qui est un coloriste ». La phrase est construite par rapport à un parallélisme qui vient insister sur la corrélation entre le peintre et lecoloriste. Diderot cherche d’entrée à nous montrer que le travail du peintre n’est pas si simple : il ne se contente pas de « peindre » ; le peintre se doit de savoir colorier, c'est-à-dire, qu’il doit être capable de saisir la couleur à l’identique de l’original. Il doit être capable de la manipuler pour suggérer la vraisemblance à travers le jeu de transparence et de reflets, comme Diderot nousl’expliquera plus tard.
Diderot nous expose la situation : il se trouve au Salon de l’Académie où il admire les toiles de Chardin, qui représentent essentiellement des natures mortes qui représentent donc des « fruits » et les « accessoires d’un repas ». Diderot va alors tenter d’associer la représentation à la nature elle –même (« Ils représentent […] c’est la nature même »). C’est là une...
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