Dissertation bac

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  • Publié le : 7 avril 2011
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CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI

COMMENTAIRE



La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a formulé une réponse à deux questions, présentées par Son Excellence Mgr William S. Skylstad, Président de la Conférence épiscopale des États-Unis, dans sa lettre du 11 juillet 2005, concernant l’alimentation et l’hydratation des patients qui tombent dans l’état appelé communément "étatvégétatif". L’objet de se questions est de savoir si l’alimentation et l’hydratation de ces patients, surtout lorsqu’elles sont administrées par voies artificielles, ne constituent pas une charge excessivement lourde pour ces derniers, pour leurs proches ou pour le système de santé, au point de pouvoir être considérées, même à la lumière de la doctrine morale de l’Église, comme un moyen extraordinaireou disproportionné, et donc non obligatoire sur le plan moral.

En faveur de la possibilité de renoncer à l’alimentation et à l’hydratation de ces patients, on invoque souvent le Discours du Pape Pie XII du 24 novembre 1957 à un Congrès sur la réanimation. Dans son propos, le Pontife réaffirmait deux principes éthiques généraux. D’une part, la raison naturelle et la morale chrétienne enseignentque, en cas de maladie grave, le patient et les personnes qui le soignent ont le droit et le devoir d’effectuer les soins nécessaires pour conserver sa santé et sa vie. D’autre part, ce devoir comprend en règle générale uniquement l’utilisation des moyens qui, tenant compte de toutes les circonstances, sont ordinaires et qui n’imposent pas une charge extraordinaire pour le patient ou pour lesautres personnes. Une obligation plus sévère serait trop lourde pour la majorité des personnes et rendrait trop difficile la réalisation de biens plus importants. La vie, la santé et toutes les activités temporelles sont subordonnées aux fins spirituelles. Naturellement, ceci n’interdit pas de faire plus que ce qui est strictement obligatoire pour conserver la vie et la santé, à condition de ne pasmanquer à des devoirs plus graves.

Tout d’abord, il faut noter que les réponses données par le Pape Pie XII se référaient à l’utilisation et à l’interruption des techniques de réanimation. Mais le cas présenté n’a rien à voir avec de telles techniques. Les patients en "état végétatif" respirent spontanément, digèrent naturellement les aliments, ont d’autres fonctions métaboliques et se trouventdans une situation stable. Ils ne parviennent pas cependant à s’alimenter tous seuls. Si on ne leur administre pas artificiellement de nourriture ni des liquides, ils meurent ; la cause de leur mort n’est pas alors une maladie ou à l’"état végétatif", mais uniquement le fait de l’inanition et de la déshydratation. D’autre part, l’administration artificielle d’eau et de nourriture n’impose pasgénéralement une lourde charge, ni au patient, ni aux proches. Elle ne comporte pas de coûts excessifs ; elle est à la portée de tous les systèmes de santé de niveau moyen ; elle ne requiert pas de soi l’hospitalisation et elle est proportionnée pour atteindre son but : empêcher le patient de mourir d’inanition et de déshydratation. Elle n’est, ni n’entend être, une thérapie résolutive, mais un soinordinaire pour la conservation de la vie.

À l’inverse, ce qui peut constituer une charge notable est le fait d’avoir un proche en "état végétatif", lorsque cet état se prolonge dans le temps. Cette charge est comparable aux soins donnés à un tétraplégique, à un malade mental grave, à un patient en stade avancé de la maladie d’Alzheimer, etc. Ces personnes ont besoin d’une assistance continue durantdes mois, voire des années. Mais, la règle énoncée par le Pape Pie XII ne peut être interprétée, pour des raisons évidentes, dans le sens selon lequel il est alors licite d’abandonner à eux-mêmes les patients dont les soins ordinaires imposent une lourde charge à leur famille, les laissant donc mourir. Ce n’est pas en ce sens que le Pape XII parlait de moyens extraordinaires.

On doit...
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