Le contraire de la sagesse ce n’est pas la folie,

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  • Publié le : 12 août 2011
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Sagesse et Folie

Le contraire de la sagesse ce n’est pas la folie,
c’est la volonté de puissance

A la gloire du grand architecte de l'univers, Vénérable maître et vous tous mes frères,

Il est parfois de bon ton d’ironiser sur la sagesse : « Qui vit sans folie, n’est pas aussi sage qu’on le croit ». Cette attitude de dénigrement se manifeste dans de nombreux domaines, que ce soitdans notre vie quotidienne, dans le discours politique où il est de bon ton de voir dans la philosophie une activité intellectuelle, ou dans les débats philosophiques qui se plaisent à souligner les paradoxes qui peuvent entourer la sagesse : « Qui veut faire l’ange, fait la bête » dit-on. Ce mot de Pascal nous rappelle que l’homme n’est ni ange, ni bête, mais qu’à vouloir trop bien faire, onrisque de dévaloriser notre pensée ou nos actions et d’en arriver à un résultat contraire à nos intentions. C’est sans doute à l’aune de ce constat, qu’un philosophe a estimé que « le contraire de la sagesse ce n’est pas la folie, c’est la volonté de puissance ».
Avant d’adhérer à ce jugement, qui peut paraître subjectif, il faut d’abord se livrer à un rapide examen sémantique et définir ce que sontla sagesse, la folie et la volonté de puissance pour voir en quoi elles s’opposent.

Sagesse et folie sont elles deux  forces contradictoires ou sont- elles deux forces qui luttent l'une contre l'autre ??
D’abord qu’est-ce la sagesse ? S’agit-il d’un concept qui caractérise le savoir et la vertu d’un être ? Parle-t-on de la raison et de l’intelligence, qui permettent d’appréhender le monde quinous entoure, ou se réfère-t-on à la volonté de se conformer à un idéal de vie. Sans doute, est-ce un peu tout cela, mais plus profondément, il s’agit de chercher la route du vrai bonheur, la lumière pour nous franc maçons. L’accomplissement de l’individu résulte alors de la connaissance de soi et du monde ? Voila, qui nous ramène alors à un idéal qui est au cœur de nos préoccupationsmaçonniques. La sagesse suppose que l’on soit patient que l’on sache écouter les autres pour s’enrichir à leur contact, mais aussi qu’on sache leur témoigner de la patience, de la compréhension, voire de l’indulgence. Ainsi Cicéron estimait que « Le propre de la folie est de voir les défauts d'autrui, et d'oublier les siens ».
La sagesse comprise comme modération s'oppose évidemment au comportement débridéet sans mesure que dicte la folie. A priori, raison et folie s’excluent donc radicalement. La folie, c’est la déraison, la schizophrénie, cette façon tragique d’être toujours à côté du réel, c’'est la démesure, c'est la violence, la folie meurtrière. C'est l'imprévoyance, l'incapacité d'adapter ses actes à l'avenir.
Ce peut être aussi l'extrême intensité quand il s'agit d'un amour fou, ne dit-onpas, Je t'aime... à la folie! C'est quelquefois amusant, quand il n'y en a pas trop, comme un brin de folie. Ce peut être aussi créatif et original, comme le prouvent les œuvres de grands artistes, dont on a dit qu’ils étaient fous : Van Gogh, Gérard de Nerval ou…Nietzsche, dont nous reparlerons à propos de la volonté de puissance. La folie   est-elle « éblouissement de l’esprit » comme semble lesuggérer Foucault ?
La question est donc de savoir de quel point de vue peut-on parler de folie. Est-ce un point de vue moral ? Est-ce par opposition à l’ordre de la raison ? Le fou est-il celui qui déraisonne ? La folie est-elle une déviance ? Dans ce cas, cela implique que l’homme normal, ou raisonnable, se comporte suivant une règle conforme au sens commun, tandis que le fou dévie de larègle. L’état normal se traduit par une bonne sociabilité alors que la folie rend le sujet incapable de s’insérer dans la société, de s’y adapter, de se conformer à la règle commune.
Le problème, c’est qu’il n’y a pas de norme de la folie à portée universelle, la norme étant propre à une culture donnée, le conformisme social varie d’une culture à une autre. C’est ce que Montesquieu résumait en se...
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