Le roman est un divertissement

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  • Publié le : 21 septembre 2010
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Introduction
 
La société est un bien vilain mot, ou plutôt une bien dure réalité pour l’individu ; elle est en effet souvent perçue comme une aliénation, une atteinte à la liberté, et même une corruption. On oppose ainsi l’état social à l’état de nature, qui serait, lui, le règne de la liberté et du bonheur. La société, c’est un obstacle à la nature (humaine). Cette identification de lasociété à un démon corrupteur, semble bien faire abstraction de notre nature humaine. En effet, " l’homme n’est ni ange ni bête ", disait Pascal. L’état de nature serait par conséquent un mythe créé de toutes pièces … justement pour nous montrer que la société contribue à faire de l’homme un homme ! C’est ce qu’a compris Rousseau, puisqu’il nous montre, après avoir fait les louanges du " bon sauvage ",que le contrat social est un bienfait qu’il nous faut bénir. Ainsi1, la société est partout (nous naissons au sein d’une communauté, et, de plus, la société est un phénomène universel), et c’est elle qui nous détermine. On peut dire que de l’état de nature, l’homme passe naturellement à la société2. Mais à quelle Cité ? Celle des esclaves ou celle des hommes libres ?3 Lourd problème, qui nous faitsoulever celui de la nature et de l’humanité de l’homme. Que permet la société en ce domaine ? " Faut-il dire qu’(elle) dénature ou (qu’elle) humanise l’homme " 4?
 
Pour un commentaire de l’introduction, C.F. note 5
 
I. Nous allons d’abord voir si la société est un artifice qui dénature l’homme6.
 
Car7 la société est souvent considérée comme un obstacle à la nature humaine8, donc,comme un enfer. En effet, la culture, qui est un phénomène (et un acquis) social, c’est l’homme ajouté à la nature. La culture est artificielle, illusoire et nocive : elle est donc ce qui dénature.n9 Rousseau le montrera lui-même, car chez lui, toute intervention extérieure sur le déploiement d’un être naturellement bonn10 est tenue pour une corruption. On assiste donc ici à une indéniabledestruction de la nature humaine : la culture, c’est ce qui s’ajoute à l’homme, par le biais de la société.
 On peut ainsi affirmer que la société travaille à faire de l’homme ce qu’elle a besoin qu’il soit, pour le rendre docile. Elle va donc modeler la personnalité de chaque individu. Ainsi, la culture oriente et modèle toute la personnalité de l’homme ; d’ailleurs, on peut souligner l’existence d’unepersonnalité de base dans chaque société : il y a toujours des mœurs, des usages qui s’imposent. La personnalité est donc le produit de l’apprentissage, qui est lui-même déterminé et contrôlé par la culture. Elena Belotti, essayiste contemporain, nous expose clairement ce problème dans son ouvrage intitulé Du côté des petites filles n11 ; elle nous y montre en effet que l’éducation qu’on donne auxenfants, et en particulier aux petites filles, les conditionne à se conformer au stéréotype de la femme, et cela, même si leur caractère ne les y prédispose pas. Leurs comportements seront donc inévitablement le fruit de conditionnements sociaux et culturels. La culture, qui représente la société, peut par conséquent changer la nature de l’individu ! n12
 
De plus, la société fait souvent del’homme un individu brimé, qui ressent douloureusement la pression sociale. Il est vrai qu’elle fait passer l’homme de l’état de nature, caractérisé par la dispersion et la satisfaction immédiate des besoins, à l’état social, qui est régi par des lois, et qui fixe des bornes partout. Les désirs de l’homme ne lui appartiennent pas en propre : ils sont organisés par la société. Dans le Malaise dans lacivilisation n13, Freud affirme que la société est fondée sur l’assujettissement permanent des instincts humains. Ainsi, la libre satisfaction des besoins instinctuels de l’homme est incompatible avec la société civilisée. On peut ainsi dire que la société lutte contre la nature de l’homme n14, puisqu’elle inhibe sans cesse ses instincts. De plus, la société apprend à l’homme à suivre des...
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