Moraga

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 27 (6624 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 25 juillet 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
n Leçon 1
Introduction à l'organisation
L’organisation : une question de représentation
Il paraît difficile de parler d’un “ objet ”, l’organisation, sans prise de position épistémologique au préalable. Il s’agit en effet de questionner l’évidence de ce qu’est une organisation et d’expliciter les principes des postulats des modèles de l’organisation. Rappelons, de façon préliminaire,l’implicite qui recouvre la façon de parler de cet * “ objet ” qu’est l’organisation. Un des contacts privilégiés avec “ l’organisation ” se fait le plus souvent par le discours. Le poids des représentations discursives est en effet essentiel et c’est donc aux fondements des représentations discursives qu’il est d’abord question de s’intéresser ici. Le premier niveau de représentation permet de donner uncontenu au concept d’organisation : c’est celui de modèle vu dans son acception classique (de réduction et de simplification de la réalité). Une question essentielle inhérente à la question de la représentation est de savoir d’où l’on parle. Il est en effet habituel de parler de l’organisation “ dedans ” (l’observateur fait partie de l’organisation), “ en haut ” (l’observateur est en haut del’échelle sociale). C’est en partie à cela que s’attachent les auteurs de Dedans, dehors*, ouvrage sur les frontières de l’organisation qui démontre “ en creux ” combien les auteurs tendent le plus souvent à parler de l’organisation de “ dedans ” en omettant le “ dehors ”. C’est aussi le cas de La souffrance en France, la banalisation de l’injustice en France* qui en parle lui, de “ dedans ”, “ en bas ”. Ils’agit en effet de parler le plus souvent de l’organisation “ dedans ” “ en haut ”, c’est-à-dire du point de vue de leurs dirigeants. Citons ainsi les différences que cela induit avec les autres postures qui existent quand il s’agit d’en parler “ dehors ” “ en haut ”, qui est la posture courante des économistes quand ils nous en parlent. Rares sont les auteurs qui tentent d’en parler “ dehors ” “en bas ”. L’organisation vue par les exclus “ n’intéresse ” personne.

Yvon Pesqueux : “ Parler de l’entreprise : modèle, métaphore et image ”, Revue Sciences de Gestion n° 8-9/1998, pp. 497-513. Ce texte reprend certains extraits de cet article qui sont ici réarticulés * Patrick Besson (Ed.) : Dedans, dehors - Vuibert, Paris 1997 * Christophe Dejours : La souffrance en France : la banalisationde l’injustice en France - Seuil, collection Poche, Paris 2000

*

1

Mais le modèle pose également le problème de l’existence d’un contenu. L’image et la métaphore interviennent alors à cette étape, l’image comme médiatrice et la métaphore en venant rendre créatif le discours induit par l’image. Mais, là encore, il est nécessaire de s’interroger sur les rapports relatifs qui s’établissententre modèle, image et métaphore. C’est alors que vient se poser le problème de l’émergence des modèles, images et métaphores et c’est en liaison avec l’idéologie qu’il devient possible d’en parler. A propos de modèle De façon préliminaire, rappelons la différence d’appréhension qui existe entre réalité et vérité. La réalité se perçoit de manière sensorielle ou au travers d’une instrumentation.Michel Foucault, dans Les mots et les choses* souligne d’ailleurs l’importance de l’instrumentation dans le développement de la pensée scientifique. Il se réfère à la lunette de Galilée face au modèle de Copernic comme fondatrice d’une epistémè. Et constatons avec lui que le courant dominant en sciences de gestion fait plutôt de nous des héritiers de Galilée et de sa lunette plus que de Copernic etde ses équations dans la mesure ou l’on a tendance à croire d’abord à ce que l’on voit, même si cela n’est pas si évident qu’il y paraît. Parler de l’organisation pose, en effet, le problème plus large du décodage des représentations. En effet, il semble bien difficile de “ serrer la main ” à une organisation. On en salue un ou plusieurs salariés, on en perçoit un local, une activité mais...
tracking img