Le servage

Pages: 11 (2658 mots) Publié le: 2 février 2011
Dissertation: Le servage


« Les possessions ordinaires des serfs, le fond de leur existence, consistaient moins en propriété qu'en amodiations de terre concédées à charge de service et de cens. »

Cette citation de Naudet, nous montre bien la situation du paysan non–libre, le serf, à l'époque féodale.
Malgré la disparition de l'esclavage à cette époque, il fut remplacé d'une certainemanière par le servage, au cours des X et XI ème siècles.
Le mot servage vient du latin servus, « esclave ». Cependant, un serf au moyen-âge n'était pas un esclave. Celui-ci n'appartient pas à son seigneur et la différence essentielle entre ces deux institutions consiste en ce que l’esclave n’avait pas de personnalité juridique et, n’avait ni droit, ni famille, ni droit de patrimoine.
Aucontraire, le serf était considéré comme une personne. Il avait un patrimoine, des droits et pouvait même fonder une famille. Le serf est définit comme étant un homme ou une femme, travaillant sur les terres au service de leur seigneur, qui pouvait être un noble, un dignitaire ecclésiastique ou une institution religieuse comme un monastère.
Leserf est astreint, il a pour obligation de résider sur la tenure que l'on lui a attribué. Il est attaché à la terre. Le statut de serf se faisait soit par la naissance, soit par un fait postérieur à la naissance. L'hérédité est le premier mode d'acquisition de la qualité servile et l'on parle de servitude personnelle lorsque les deux parents sont serfs. Dans le cas où un seul des parents est serf,on considère que l'enfant doit suivre à la condition la plus défavorable. Le mariage était une autre manière d'acquérir le statut de serf. Ainsi, en vous mariant à un ou une serf vous devenez serf vous même.
Parmi les autres moyens d'accès àcette condition, certains devenaient serfs en perdant leur qualité de personnes libres, soit pour payer des dettes, soit pour servir l'Eglise. Quand un paysan occupe une tenure considérée comme servile, le statut de la terre se répercute sur son exploitant.
Le servage était donc légalement une condition servile ou « non libre » qui impliquait la dépendance personnelle à un seigneur, une libertéde déplacement fortement réduite et la sujétion à des charges considérées comme des marques de servitude et de fidélité et cela en contrepartie d'une protection assurée par le seigneur. En théorie ils peuvent partir travailler la terre d'un autre seigneur. En réalité, ils restent par besoin de sécurité.

Pendant cette période, de puissants seigneurs féodaux ont encouragé la création de servagecomme une source de main d’œuvre agricole.
Les seigneurs sont les détenteurs locaux de l'autorité (comtes, châtelains, seigneurs...) qui exercent les prérogatives publiques (justice, impôts, force militaire), autrefois assurées par l'État. Liée à l'affaiblissement de l'empire carolingien, la féodalité domine l'Occident du X au XII ème siècles.

La domination des seigneurs, s'impose avec lacréation d'une paysannerie extrêmement dépendante. Le concept de liberté juridique a perdu tout son sens, et la condition servile recouvre une infinie diversité de situations, ce n'est pas une notion absolue.
Autrement dit, si la dépendance du serf à l'égard du seigneur est extrême, ses conditions de vie dépendent du contexte local de la personnalité du seigneur.

En France, le servage a persistélocalement jusqu'à la Révolution qui l'abolit avec les privilèges lors de la célèbre nuit du 4 août 1789.

Le servage a donc un intérêt économique, du point de vue du seigneur, puisqu'il concède des tenures aux serfs en échange de services et de revenus, ayant juste pour obligation envers ces derniers de les protéger. Mais, le servage, qualifié comme une évolution entre l'esclavage et la...
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