Rapportetudequalitativevhc

Pages: 140 (34896 mots) Publié le: 24 février 2011
Étude monographique auprès de patients touchés par le virus de l’hépatite C

Lindinalva Laurindo da Silva

Janvier 2007

ANGREHC 29 rue Didot – 75014 Paris Tél. : 01 45 43 52 84 - Mail : angrehc@wanadoo.fr

INTRODUCTION
Ce rapport présente les résultats d’une étude monographique menée auprès de patients atteints de l’hépatite C. Il s’inscrit dans le cadre du projet de Centres régionauxde ressources pour l’hépatite C, réalisé par l’Association nationale des généralistes pour la réflexion et l’étude sur l’hépatite C (ANGREHC). Son objectif est de mieux cerner la réalité sociale et sanitaire des personnes atteintes par le VHC, ainsi que leur accès au système de soins, afin de mieux connaître les facteurs facilitant ou freinant l’entrée ou la poursuite du traitement de l’hépatite.L’HÉPATITE C EN TANT QUE MALADIE CHRONIQUE
L'hépatite C est une infection contagieuse transmise, essentiellement, par voie parentérale. Le virus du VHC a été découvert en 1989 et des tests de dépistage des anticorps antiVHC ont été mis à disposition en 1990. Il existe 6 génotypes du virus de l’hépatite C, classés de 1 à 6, et plus de 50 subtypes de ces génotypes. Les études montrent quel’infection avec plusieurs génotypes du VHC est possible, cependant il n’existe pas de relation entre gravité de la maladie (fibrose) et génotypes. De même, au contraire de l’infection par le VIH, il n’y a pas de corrélation entre le fort taux de charge virale chez le patient et la sévérité de l’HC. Certaines études font référence à l’association des génotypes avec les modes de transmission de l’HC.Ainsi, le génotype 1b serait associé à la transmission par transfusion sanguine et est plus commun chez les patients ayant plus de 50 ans. Les génotypes 1a et 3a sont associés à la transmission par usage de drogue intraveineuse, étant donné que le génotype 3a est plus commun parmi les patients usagers de drogues que parmi les autres populations contaminées. Le risque de contamination virale lié à latransfusion étant quasi inexistant depuis le début des années 1990, l’usage de drogues par voie intraveineuse est devenu la principale cause de
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contamination par le virus de l'hépatite C : 70 % des individus atteints par le VHC sont des usagers ou ex-usagers de drogues par voie intraveineuse. Les 30 % restants devraient leur contamination à la transfusion sanguine avant 1992, aux pratiquesde tatouage et piercing ou aux soins à l'étranger. Cependant, on trouve toujours des cas qui ne rentrent pas dans ces critères et dont la cause de la contamination reste indéterminée. Selon différentes estimations, environ 3 % de la population mondiale serait atteinte d’une infection chronique par le virus de l'hépatite C et ce virus serait responsable d'environ 20 % des cas d'hépatites aiguës etde 70 % des cas d'hépatites chroniques. L'hépatite chronique C est une des causes principales de cirrhose et de cancer primitif du foie (carcinome hépatocellulaire). De même, la cirrhose décompensée liée à l'hépatite C est la première cause de transplantation hépatique en Europe. En France, une enquête de prévalence, réalisée par l’INVS en 2003-2004 auprès d’assurés sociaux du régime général,estime que la prévalence des anticorps anti-VHC+ serait de 0,86 % chez les sujets entre 18 et 80 ans et on estime une incidence d’environ 5 000 nouveaux cas par an. Les programmes d’échange de seringues, qui ont été extrêmement efficaces pour la réduction de la transmission du VIH, montrent leurs limites face à l’épidémie de l’hépatite C. La stérilisation du matériel d‘injection n’est pas suffisantepour éviter l’infection par le VHC et le risque de contamination par ce virus est de 150 à 800 fois plus élevé que celui du VIH. Le facteur de risque principal serait le partage des filtres et des récipients de préparation, qui est beaucoup plus fréquent que le partage des seringues. Par ailleurs, les études épidémiologiques montrent que les personnes jeunes sont de plus en plus infectées par le...
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