Accident Nocturne

par

Le père du narrateur

Figure récurrente des romans de l’auteur, Albert Modiano marque de son empreinte la vie et l’œuvre de son fils, notamment par son absence. Ce père « fait des affaires » dans de mystérieux bureaux, sans que cela lui rapporte beaucoup d'argent, semble-t-il, puisque le narrateur constate qu'au fil de leurs rencontres les vêtements du père perdent en tenue, en qualité. Comme dans d'autres ouvrages, Modiano évoque précisément un souvenir douloureux : « un des épisodes les plus tristes de ma vie. Quand j'avais dix-sept ans, mon père, pour se débarrasser de moi, avait appelé un après-midi police-secours, et le panier à salade nous attendait devant l'immeuble. Il m'avait livré au commissaire du quartier en disant que j'étais un « voyou ». »

Dans Accident nocturne, le narrateur évoque aussi les rendez-vous dans des cafés tôt le matin, tellement tôt qu'il fait encore noir. Au fil du temps, les cafés où ils se retrouvent s'éloignent du centre de Paris, comme le père s'éloigne de la vie de son fils. Jusqu'à ce dernier rendez-vous à sept heures précises du matin, Café de la Rotonde. Il a vu son père s'éloigner vers le périphérique vers une lointaine banlieue, et disparaître à jamais.

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Dissertation à propos de Accident Nocturne