Acide Sulfurique

par

Le poids du groupe social, une atteinte à la liberté

A) Télé-réalité et critiquede la société

 

L’auteur, au travers decette œuvre, offre au lecteur la possibilité d’une remise en question pouvantaller jusqu’à la culpabilité concernant la jouissance qu’il pourrait ressentir faceaux émissions de télé-réalité ou tout spectacle de cruauté. Le cadrespatiotemporel n’est pas clairement énoncé mais on peut assez facilementreconnaître qu’il s’agit de notre société actuelle. L’auteur s’appliqueindirectement à faire une critique de cette société et nous montre que lesvaleurs morales officiellement prônées sont dévalorisées dans ce contextedonné. Par le biais de l’émission « Concentration », Amélie Nothombdécrit l’horreur du pouvoir de la télévision sur l’homme ; ici ce médiaest capable de proposer un « jeu » dont le but consiste à tuer sonprochain, tout cela dans un but purement économique. Il est possible de voir ceroman comme une étude servant à percevoir l’influence de la télévision surl’homme. Nous avons dans cet ouvrage deux réalités qui se superposent, unehistorique et une actuelle. La critique faite ici ne concerne pas l’horreur desconditions de vie des camps de concentration d’un point de vue historique, elleest fondée, au contraire, sur la folle course des médias – et en particulier latélévision – aux taux d’audiences. En effet, la télévision dans ce roman apparaîttotalement déshumanisée, avec pour seule limite à ce qu’il est permis de faireles variations du nombre de téléspectateurs : « Il advint quel’audience cessât de croître. Elle ne baissa pas le moins du monde, mais ellen’augmenta plus. Les organisateurs s’affolèrent ».

Dans une émission où chaqueauditeur a le sort de la vie des prisonniers entre ses mains, personne nereconnaîtra sa part de responsabilité, tous la démentiront. Le propre d’une émissionde télé-réalité de ce type est de transformer une qualité défaut : lacuriosité. Cette curiosité morbide dont font preuve les téléspectateurs montrela faiblesse de l’humain face au mal, et ce roman montre les faiblesses del’être humain face à ce type de divertissements : « La veille, chacun avait profitéd’un petit besoin de l’autre pour s’emparer de la télécommande et voter entapotant ».

 

B) Télé-réalité et pouvoirsocial

 

La société représentéefigure un groupe d’individus où, à côté des valeurs et des bonnes mœurs, sontprônés le conformisme et la soumission. À travers ce récit, Amélie Nothombdémontre à quel point la télévision, si elle est instrumentalisée, peut nuire àla liberté d’agir, détruire la liberté de penser des téléspectateurs et lesamener à trouver une justification à faire le mal. Cette réalité putride faitdes dégâts, et ce que l’auteur nous monte, c’est que même si les téléspectateursen sont conscients, ils n’y mettent pas fin, bien au contraire ils répondentprésents à l’appel. Plus cette télé-réalité propose de brutalité, plus lestéléspectateurs sont magnétisés par elle. L’évolution de l’œuvre nous montreune population conditionnée au point d’être totalement obsédée par ce jeu et den’accorder que peu d’importance à ce qui se passe en-dehors de celui-ci dans laréalité.

Différentes raisons lespoussent à agir de la sorte, la première étant la complaisance. Pour êtreaccepté et avoir l’approbation du groupe, ils suivent ce phénomène sans laisserparaître ce qu’ils pensent réellement. Ils sont influencés par le pouvoirqu’exerce sur eux la télévision, pouvoir latent mais omniprésent et propre àmanipuler. À travers l’attitude des téléspectateurs, l’auteur rappelle à quelpoint il est important pour l’être humain d’être en harmonie avec le groupeauquel il appartient, et à quel point il est important d’avoir une place dansce groupe. Chaque spectateur justifiera la raison pour laquelle il regardel’émission, mais en réalité c’est le pouvoir affectif de la télévision qui enest la justification : « Les parents montraient l’émission aux enfants, pour leur expliquer que c’était ça,le mal ». L’auteur  démontre à quelpoint il est possible d’être prisonnier de la télévision ; « ne passe laisser impressionner », telle semble être la devise de toutes cesémissions. Cet ouvrage pousse donc à réfléchir à la manipulation dont peut êtrevictime tout téléspectateur. 

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Le poids du groupe social, une atteinte à la liberté >