Ainsi parlait Zarathoustra

par

La pitié et l’envie

Zarathoustra
est convaincu que la notion de pitié est l’une des entraves que l’espèce
humaine se doit de surmonter. La pitié, telle qu’il la présente, est un
sentiment qu’expriment ceux qui sont trop faibles pour accéder à l’état de
surhomme.

La
pitié est principalement caractérisée par deux systèmes : le système
religieux et le système gouvernemental. La religion tend à faire de l’homme une
créature trop faible pour se secourir elle-même. De ce fait, Dieu est
nécessaire et Jésus est envoyé pour mourir sur la croix afin que l’humanité
puisse accéder au ciel et à un état spirituel plus élevé. La croyance
religieuse, et la pitié qui est en son fondement, ne servent qu’à entraver
l’avènement du surhomme, car l’humanité a la faculté inhérente de transcender
sa condition actuelle.

L’État de
son côté prend pitié des individus parce qu’il considère que l’humanité est
incapable de se gouverner elle-même. Cependant, d’après Zarathoustra, le
gouvernement et les hommes de pouvoir qui le dirigent ne sont pas
indispensables à la conduite de la vie harmonieuse en société. Car, une fois
que les hommes seront parvenus à accéder à la condition de surhomme, ils
vivront tous dans le respect d’une même loi, la loi de la terre.

« Gardez-vous donc de la pitié :
c’est elle qui finira par amasser sur l’homme un lourd nuage ! En vérité, je
connais les signes du temps !

Retenez aussi cette parole : tout grand
amour est au-dessus de sa pitié : car ce qu’il aime, il veut aussi le – créer
! »

Il se
produit dans Ainsi parlait Zarathoustra une
inversion des valeurs et des péchés. Tandis qu’est condamné le sentiment de
pitié, sont encouragés des sentiments moins louables tels que l’envie, l’un des
pires péchés, selon les dogmes chrétiens. Toutefois, Zarathoustra trouve que
l’envie est le moteur principal pour devenir surhomme. L’homme devrait envier
les accomplissements de ses semblables, et ressentir de la jalousie envers ceux
qui sont déjà parvenus (comme Zarathoustra) à l’état de surhomme.

« C’est une distinction que d’avoir
beaucoup de vertus, mais c’est un sort bien dur ; et il y en a qui sont allés
se tuer dans le désert parce qu’ils étaient fatigués de servir de champs de
bataille aux vertus.

Mon frère, la guerre et les batailles
sont-elles des maux ? Ce sont des maux nécessaires ; l’envie, et la méfiance,
et la calomnie ont une place nécessaire parmi tes vertus. »

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