Ainsi parlait Zarathoustra

par

La récurrence éternelle et le nihilisme

Selon
cette doctrine, tous les événements sont appelés à se produire encore et encore
pour toute l’éternité. Cette doctrine se base sur le principe que, si
l’histoire s’étend infiniment dans le passé, tous les événements possibles se
sont déjà produits à un moment ou à un autre. En vertu de la même logique,
l’instant présent s’est déjà produit dans le passé. Et, étant donné que le
futur s’étend indéfiniment, tous les événements et faits qui se sont déjà
produits, et se produisent en ce moment, auront encore à se produire dans
l’avenir.

« Tout va, tout revient, la roue de
l’existence tourne éternellement. Tout meurt, tout refleurit, le cycle de l’existence
se poursuit éternellement.

Tout se brise, tout s’assemble à
nouveau ; éternellement se bâtit le même édifice de l’existence. Tout se sépare,
tout se salue de nouveau ; l’anneau de l’existence se reste éternellement
fidèle à lui-même. »

Se
rattache à cette idée de récurrence éternelle un sentiment de futilité de
l’existence. Ne serait-il pas préférable de retourner au néant, plutôt que de
revivre sans cesse les mêmes expériences, les mêmes vies à l’infini ?

À
proprement parler, le nihilisme est le fait de croire au néant. Une fois
encore, le fait que la société soit moins attachée aux valeurs religieuses que
par le passé sert de point de départ à l’argumentation de Nietzsche. Étant
donné que nous ne croyons plus que nos existences sont dirigées par une volonté
divine, nous sommes mis en présence du vide qui remplace de telles croyances. Nos
vies sont donc dépourvues de sens et nous n’avons pas la volonté de créer ou de
nous transformer en de nouvelles entités.

Ainsi,
Nietzsche met en garde contre une société où l’absence de croyance conduirait à
des existences médiocres faites de complaisance et de confort ; de là son
appel à transcender notre condition humaine traditionnelle. S’il demande à
l’humanité de s’affranchir des notions traditionnelles de bien et de mal, ce
n’est pas pour promouvoir le nihilisme, mais plutôt parce que le surhomme,
réelle communion de l’homme et de la terre, n’est pas gouverné par de telles
croyances superstitieuses.

« “Qu’est-ce que tout le monde sait
aujourd’hui ? Demanda Zarathoustra. Ceci, peut-être, que le Dieu ancien ne vit
plus, le Dieu en qui tout le monde croyait jadis ?” “Tu l’as dit, répondit le
vieillard attristé. Et j’ai servi ce Dieu ancien jusqu’à sa dernière heure.

Mais maintenant je suis hors de service,
je suis sans maître et malgré cela je ne suis pas libre ; aussi ne suis-je plus
jamais joyeux, si ce n’est en souvenir.” »

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