Alcools

par

Guillaume Apollinaire

Guillaume Apollinaire – pseudonyme de Guillaume Apollinaris de Kostrowitzky – est un écrivain français né en 1880 à Rome, d’une mère polonaise fantasque, nomade, et d’un père inconnu, peut-être un ancien officier du royaume des Deux-Siciles. Sa petite enfance a pour cadres l’Italie, la Côte d’Azur puis Monaco, avant que la famille ne s’installe à Paris en 1899. Le jeune homme, qui écrit déjà et fréquente beaucoup les bibliothèques, fait une expérience fondatrice cet été-là, quand il découvre les paysages et le folklore des Ardennes belges où il connaît une première déception amoureuse, qui esquisse dans son esprit la figure de « mal-aimé » qu’il peindra maintes fois dans son œuvre. En 1901 il devient pour un an précepteur en Rhénanie, où la vallée du Rhin et sa région, qu’il explore longtemps, le séduisent et inspireront les paysages d’œuvres à venir. Il voyage en Europe de l’Est et se voit à nouveau éconduit par une jeune fille, la gouvernante anglaise de son élève, qu’il tentera de séduire, encore en 1903 et 1904, au gré de voyages à Londres. Apollinaire produit pendant son séjour en Allemagne de nombreux poèmes et des contes, parmi lesquels L’Hérésiarque qui paraît en 1902 dans La Revue blanche. Rentré à Paris le jeune auteur, employé de banque, fréquente plusieurs cercles littéraires, se lie avec Max Jacob, Alfred Jarry et André Salmon, fonde une revue avec celui-ci et des amis, côtoie des peintres, notamment ceux des ateliers du Bateau-Lavoir, Picasso à partir de 1905, sur lequel il écrit cette année-là un article pénétrant. Il saura voir aussi très tôt l’importance de Matisse.

En 1907, année où Apollinaire renaît à l’amour grâce à la peintre Marie Laurencin, il fait paraître Les Onze Mille Verges ou les Amours d’un hospodar, son roman pornographique le plus connu, qu’il signe de ses initiales. Les pérégrinations du héros, un prince roumain particulièrement actif sexuellement, de Bucarest à Paris puis jusqu'en Chine, sont prétextes à l’exploration par l’auteur de tous les fétichismes les plus courants. Même si le héros meurt flagellé pour s’être un peu trop vanté de son endurance, le ton de l’œuvre est celui d’une « joie infernale » et l’auteur ne cesse de faire preuve d’humour, noir à l’occasion. Guillaume Apollinaire à cette période est très actif dans le monde artistique ; il fréquente la Closerie des Lilas, les réunions de la Rive gauche, collabore avec La Phalange, se lie à Moréas, à Jules Romains, aux poètes de l’Abbaye. Sa première œuvre signée du pseudonyme sous lequel on le connaît, L’Enchanteur pourrissant, est un récit en prose qui paraît en 1909, accompagné d’illustrations par André Derain. De la figure mythique de Merlin, au centre de l’œuvre, l’auteur conserve l’expression du drame de la solitude humaine, le manque de maîtrise de l’homme sur sa destinée, mais il accentue ses dons de perception, sa dimension visionnaire et prophétique, et donc de poète. L'histoire tourne autour de la mort de Merlin, que celui-ci a lui-même provoquée, en toute...

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Dissertation à propos de Alcools