Armance

par

L’amour

L’amour est l’un des axes autourdesquels se structure le roman. Le personnage d’Octave est amoureux d’Armance,une cousine éloignée. Toutefois, la relation entre Armance et Octave souffredes limites que lui infligent l’importance accordée à l’époque à la morale et austatut social. Et pour cause, il y a une véritable différence de statut socialentre Armance l’orpheline et Octave le bourgeois nanti. La difficulté quereprésente, en considération d’une union éventuelle, le statut social d’Armance,est continuellement évoquée dans le récit : « Armance était une nièce assez pauvre de Mmes de Bonnivet et de Malivert, à peu près de l’âged’Octave ». Mais surtout, on se rend compte que le personnaged’Armance non seulement ressent ce sentiment d’infériorité, mais encore qu’elleréfléchit selon les mêmes termes.

«Si j’étais née avec de la fortune et qu’Octave eût pu me choisir pour lacompagne de sa vie, d’après son caractère tel que je le connais, il eûtrencontré plus de bonheur auprès de moi qu’auprès d’aucune autre femme aumonde. »

L’amour est donc mis en lumièredans le cadre des inégalités sociales qui sévissent dans la société françaisedécrite par Stendhal, mais l’amour d’Armance et d’Octave parvient à surmonterl’obstacle. L’auteur se montre anticonformiste en estimant que l’amour peutbriser toutes les barrières. Néanmoins, la société parisienne de 1827 ne semblepas prête à de telles « innovations », et l’amour des personnagesprincipaux reste clandestin ; aucune institution ne souhaite les unir.

L’un des personnages qui apportele plus tôt son soutien à la relation est la mère d’Octave. À travers lepersonnage de Mme de Malivert, l’auteur encourage l’ouverture d’espritvis-à-vis des relations du même genre. L’auteur semble vouloir favoriser, àtravers ce personnage, les unions sincères plutôt que les ententes politiquesou économiques des mariages arrangés.

« Jepuis mourir plus tôt que je ne le pense, disait-elle à Armance, et alors monfils n’obtiendra pas la seule femme au monde qui puisse adoucir le malheur deson caractère. Je suis sûre que c’est la raison d’argent qui te décide,disait-elle, en d’autres moments ; Octave, qui a sans cesse quelque confidenceà te faire, n’a pas été dupe au point de ne pas t’avouer ce dont je suis sûre,c’est qu’il t’aime avec toute la passion dont il est capable, et c’est beaucoupdire, mon enfant. »

L’amour est donc la seule solutioncapable d’apporter à Octave l’apaisement du mauvais caractère qui découle deson état. L’amour d’Armance a donc le même effet sur Octave qu’une thérapie. Ildevient un homme meilleur dont les penchants pour la dépravation et la violencefont place à l’amour qu’il éprouve pour Armance chez qui il trouve saréciproque.

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