Armance

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Résumé

Armance, à sapublication en 1827, paraît sans nom d’auteur. Dans l’avant-propos, Stendhals’amuse à brouiller encore davantage les pistes sur l’identité de l’écrivain decet opus. Il se présente non pas comme l’auteur mais comme le correcteur d’une œuvrequ’un écrivain – une femme – lui a soumis. Aussi, il se détache à cetteoccasion de tout ce qui est dit dans le roman, de toutes les opinionsapparentes, de toutes les critiques formulées à l’égard de personnes ou entitésréelles. Stendhal reproduira cette manière de se détacher de son texte dans LesChroniques italiennes ou dans La Chartreuse de Parme, deux œuvresqui s’ouvrent également sur l’absence d’implication de l’auteur.

Le titre duroman peut induire le lecteur en erreur puisque le personnage principal d’Armance est Octave de Malivert. Lepremier chapitre nous présente ainsi le jeune homme. Son portrait, tout aussiphysique que moral, nous peint un jeune homme de vingt ans tout droit sorti del’École polytechnique, spirituel, taciturne et élégant. On fait également laconnaissance de la mère d’Octave, la marquise de Malivert, qu’il aimeprofondément. Celle-ci s’inquiète du comportement mélancolique de son fils, quivit volontairement en marge de la société, regrettant l’autarcie de son école.Notons que la mélancolie à cette époque, d’après la théorie des humeurs toujoursen vigueur alors, est considérée comme une maladie à part entière qui peutavoir des conséquences très graves. Autre symptôme de la mélancolie : Octavepeut passer, d’un moment à l’autre, de la sérénité à l’agressivité. Un jour, ilfrappe un des servants de la maison sans motif réel. Un autre jour, il se batavec des soldats. La marquise de Malivert veut qu’il s’intègre au monde etl’incite à fréquenter les salons de la marquise de Bonnivet – « C’était son amie intime et sa cousine, femmede la plus haute considération, et dont le salon réunissait souvent ce qu’il ya de plus distingué dans la bonne compagnie. » Bientôt, Octavedevient, suite à la Révolution, un parti décent pour les jeunes femmes. Sansenvie, il suit pourtant les prescriptions maternelles et va chez la marquise deBonnivet.

Il fait alors larencontre du personnage éponyme, Armance de Zohiloff, qui est, en fait, sacousine. La jeune femme est belle et lui apprend que sa richesse l’indiffère, cedont il se montre satisfait. Octave et Armance se rapprochent et se voient deplus en plus régulièrement. Cependant, un jour, Armance refuse de le voir, cequi inquiète le jeune homme. On apprendra plus tard qu’elle se sent en réalité prised’un « fatal amour » pour son cousin et, comme une parfaite héroïnede tragédie, elle s’interdit de le voir. Quand elle le voit malencontreusement,elle lui fait croire, pour créer de la distance, qu’elle est fiancée à unhomme. Octave, tout en avouant qu’il ne souhaite pas se marier avant d’avoiratteint l’âge de vingt-six ans, essaie de deviner – en vain, bien évidemment –l’identité de son rival. Oui, son rival, car, progressivement, Armance envahitl’esprit d’Octave, et bien qu’il mette du temps à considérer son sentimentcomme de l’amour, son amour n’en est pas moins véritable. Armance estmalheureuse d’apprendre qu’Octave, devenu, entretemps, un homme à la mode quetout le monde admire, passe une bonne partie de ses nuits en des endroitsdébauchés, jouant à des jeux d’argent et fréquentant des courtisanes. Octave luipromet de ne plus jamais y aller.

         Toujours inconscient de la natureréelle de ses sentiments pour elle, Octave fait croire qu’il aime la comtessed’Aumale dans les salons, afin qu’on ne soupçonne pas ses penchants pourArmance qu’il visite avec une grande régularité. Sans prévenir son fils, la marquisede Malivert annonce à Armance qu’elle souhaite leur mariage mais Armance lerefuse : elle craint qu’Octave ne veuille pas d’elle. Malgré son refus, soninclination ne s’atténue pas et elle éprouve de la jalousie envers la comtessed’Aumale, ne sachant pas qu’il s’agit d’une fable inventée par Octave.

         Un jour, les habitués du salon de la marquisede Bonnivet font une sortie au château d’Andilly. C’est l’occasion pour Octaveet Armance de parler de leurs sentiments : Armance apprend avec joie qu’Octavene ressent rien pour la comtesse, et aussi, de la bouche de la comtesse,qu’Octave est amoureux d’elle. Dès lors, les deux amants divergent : si Armanceest ravie de savoir son amour partagé, Octave est furieux d’être ainsi dévoiléet de devoir trahir sa promesse : ne pas se marier avant vingt-six ans. Ildécide alors de rompre tout lien avec sa cousine.

Lorsqu’il larevoit, il proclame qu’il ne l’aime pas et lui révèle qu’il va partir vivre enAmérique. Armance, désespérée, perd connaissance. Tandis qu’elle est évanouie,Octave retire ce qu’il vient de dire et admet qu’au contraire il est follementamoureux d’elle mais Armance ne l’entend pas. Octave, en vue de son départ,part à Paris régler ses dernières affaires. Hélas, il est pris dans unequerelle : le marquis de Crêvecroche l’insulte puis le défie. Le duel a lieudans le bois de Meudon. Si Octave est dominé de prime abord (il se fait blesserà la cuisse et au bras), il arrive finalement à prendre le dessus et à abattreson rival. Ses blessures s’aggravent cependant par la suite et, dans une extrêmeurgence, il rédige, avec son sang, une lettre à l’adresse d’Armance et sontestament.

         L’état d’Octave ne s’arrange guère.Armance vient le voir. Un médecin juge que l’état du jeune homme est critique,et qu’il a autant de chances de survivre que de mourir. Octave finit par avouerce qu’il ressent à Armance. Ils se promettent, non sans débattre, de ne jamaisse marier. En deux mois, Octave recouvre la santé. Il retourne au châteaud’Andilly où se trouvent la marquise de Bonnivet et Armance. Dès lors, il vitde petites amours sereines avec sa cousine. Près d’un oranger, symbole de lavirginité, ils se font leurs premiers baisers. Octave s’étonne qu’Armanceaccepte sans le juger sa nature pourtant brutale.

         Plus tard, deux oncles d’Armancemeurent et font la richesse de la jeune femme. Mais le temps a eu raison dessentiments d’Armance et Octave : les deux jeunes gens commencent à se lasserl’un de l’autre, à ne plus s’entendre avec autant de fluidité qu’avant. Pourpreuve, Armance croit qu’Octave est infidèle, de même qu’Octave croit que c’estArmance qui l’est. Seule l’intervention de la marquise de Bonnivet va dissiperle malentendu. Elle obtiendra, en outre, en forçant un peu les choses, lemariage du jeune couple. Cependant, le bonheur qui précède ce genre denouvelles est absent : Octave replonge dans ses pires accès mélancoliques.Il se qualifie de « monstre »,confie avoir « un secret affreux ».Octave part du château et rentre à Paris. Il correspond avec Armance ets’engage à lui avouer ce qu’il cache avant qu’ils ne se marient.

         Le marquis de Malivert et son frèren’approuvent pas les fiançailles du couple ; le marquis rédige une lettredans laquelle il se fait passer pour Armance parlant à sa confidente. Il yécrit qu’Armance n’aime plus son fiancé et fait en sorte que la lettre tombeentre les mains d’Octave. Alors qu’il vient de rédiger la lettre où il confieson secret, Octave voit la fausse missive de son aimée. Il détruit alors lalettre qu’il vient d’écrire et projette un suicide pour après son mariage. Dureste, persuadé de l’inimitié grandissante d’Armance, il se comporte alors demanière glaciale avec elle. Après le mariage, Octave part à la guerre, enGrèce. Il se suicide pendant le voyage. Quand la nouvelle parvient à leursoreilles, la marquise de Malivert et Armance font leurs vœux et se retirentdans un couvent.

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