Au bonheur des ogres

par

L’univers enfantin

La spécificité du roman de Daniel Pennac réside dans le fait qu’il mêle à la fois évènements tragiques (meurtres, attentats, dilemmes et abandon…) à un environnement très léger, qui semble hors de portée des atteintes de la vie. En effet, l’action se passe autour de protagonistes qui appartiennent tous de près ou de loin à la même famille, par le sang ou sur un plan relationnel. Ainsi, l’enfant est placé au cœur même de la structure de l’histoire, quant à la présentation des personnages eux-mêmes. En effet, la mère unique de toute la tribu Malaussène éparpillant les différents pères aux quatre vents, plante le décor d’une famille recomposée, ne pouvant s’empêcher de concevoir de nouveaux enfants qui viendront ajouter encore un peu plus de vie et d’évènements au foyer déjà surpeuplé. De plus, les sœurs les plus âgées ayant une vie de couple, ou commençant à évoluer dans des relations amoureuses, deviennent également capables et désireuses de concevoir, ainsi l’enfance semble apporter un renouveau et une dimension cyclique à l’histoire, telle une machine qui ne peut être arrêtée une fois mise en marche.

Dans ce décor où règne en maîtresse suprême l’enfance, on s’aperçoit vite que même les adultes semblent ne pas pouvoir échapper à celle-ci. En effet, on se rend compte ici d’un renversement : ce ne sont pas les enfants qui doivent grandir et prendre exemple sur les aînés, mais les aînés eux-mêmes qui doivent s’adapter aux enfants et conserver leur monde, le préservant de ce que l’âge adulte comporte de dangereux. De fait, la famille Malaussène vit au rythme des histoires...

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