Bonjour Tristesse

par

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Françoise Sagan

Issue d’une famille
aisée d’industriels, Françoise Sagan est née le 21 juin 1935 à Cajarc, dans le
département du Lot. De son vrai nom Françoise Quoirez, cette écrivaine et
auteure dramatique française est la troisième enfant d’une fratrie composée de deux
frères et deux sœurs.

Françoise Sagan
passe son enfance dans le Lot et durant la guerre, alors que son père dirige
une usine, elle habite dans le Dauphiné. La situation sociale et financière de
sa famille lui permet de fréquenter les meilleurs établissements privés durant
sa scolarité. Françoise ne s’intéresse que de loin aux études ; cependant,
elle se découvre une première passion pour la lecture : Rimbaud, Stendhal,
Camus, Malraux ou encore Proust, autant d’auteurs que la jeune Sagan lit
passionnément.

Supervisée par
Julia Lafon, la gouvernante de la famille Sagan à partir de 1931, Françoise
Sagan se lie avec Bernard Franck et Florence Malraux – fille d’André
Malraux ; elle entretiendra avec eux une amitié sans faille. Sa maigre
implication dans ses études est telle qu’elle n’obtient son baccalauréat qu’à
la deuxième tentative.

Françoise Sagan
déménage à Paris pour s’inscrire à la Sorbonne. Son frère Jacques lui fait
découvrir les salles de jazz de Saint-Germain-des-Prés et les soirées
nocturnes. Elle y rencontre la jeune bourgeoisie française, découvrant par la
même occasion les boîtes de nuit et l’alcool. À 18 ans, alors qu’elle échoue à
son examen de propédeutique, Françoise Sagan entame l’écriture de son premier
ouvrage : Bonjour Tristesse.

Le manuscrit de Bonjour Tristesse est envoyé à plusieurs
éditeurs, mais c’est François Le Gris qui le lit et le fait éditer par la
maison Julliard. La jeune femme adopte le nom de plume de Françoise Sagan en
s’inspirant du personnage Hélie de Talleyrand Périgord, le prince de Sagan créé
par Marcel Proust. Cette histoire racontée par une jeune fille dépourvue de
sentiments moraux, en phase avec l’époque, séduit les existentialistes, la
critique et le public. Il est aussi à l’origine de la création du personnage de
Sagan dont celle-ci ne pourra jamais se débarrasser, le « charmant petit
monstre » selon la formule de Mauriac, qui participe incontestablement de
sa légende littéraire.

Ce premier succès
lui ouvre les portes du monde de l’édition et lui permet d’entrer dans les
bonnes grâces d’Hélène Gordon-Lazareff, alors directrice du magazine Elle. Toujours en 1954, cette dernière
lui demande d’écrire quelques articles sur l’Italie. Ce voyage permet à
Françoise Sagan de découvrir un nouveau pays ; elle écrit toute une série
d’articles sur les villes italiennes, chacun d’eux commençant par son classique
« Bonjour » : « Bonjour Capri », « Bonjour Venise »,
etc.

Après la
publication de son second ouvrage en 1956, un roman dédié à son amie de longue
date Florence Malraux, Françoise Sagan alterne les soirées nocturnes et les
virées mondaines. Véritable icône de la jeunesse, elle parcourt les boîtes de
nuit et les casinos, sillonnant les routes au volant de ses luxueuses voitures
de sport. C’est d’ailleurs à bord d’une Aston Martin qu’elle a un grave
accident en 1957, et manque de perdre la vie.

Cette période
sombre fait entrer Françoise Sagan dans une spirale infernale jonchée de
médicaments, de drogues et d’alcool. Après une cure de désintoxication ratée,
dont elle tire le journal Toxique, et
un passage dans l’enfer de la dépendance, Françoise Sagan se marie avec
l’éditeur Guy Shoeller, en 1958. Elle divorce en 1960 et, deux ans plus tard,
épouse le mannequin Robert Westhoff. De ces secondes noces naît Denis Westhoff,
qui vit avec ses parents jusqu’à leur séparation définitive en 1972.

Les années qui suivent
montrent une Françoise Sagan encore plus libérée et féminine.  Elle écrit des chansons pour Juliette Gréco
et Mouloudji. On a pu lui reprocher de se cantonner à la peinture de riches
oisifs, sans véritables soucis, seulement tracassés par de minces affaires de
cœur. Françoise Sagan comptait en effet beaucoup de conquêtes, dont de
nombreuses femmes. C’est ainsi qu’elle entretient un de ses plus grands amours
avec la styliste Peggy Roche jusqu’en 1991. Très attachée à ses amis proches,
elle ne lésinait pas sur les cadeaux et les faveurs, réservant même une chambre
pour Bernard Franck dans son propre domicile.

Sagan cultive une
passion pour le théâtre et tous les autres genres littéraires. Elle écrira de
nombreuses pièces, mais se consacrera également à l’écriture de scénarios, de
biographies et de nouvelles. En 1975, elle publie Des yeux de soie, un recueil regroupant dix-neuf récits.

Le Chien couchant (1980),
histoire d’un petit comptable, ou Un
chagrin de passage
(1994) sur le cancer ont cependant prouvé que son talent
pouvait servir des sujets plus graves. La frivolité de ses personnages et son
écriture subtile masquent une vision fondamentalement pessimiste de
l’existence. Bien que les romans, publiés avec une grande régularité, constituent
la part dominante de son œuvre dans les années 1980, elle s’est tournée vers
d’autres genres. Ainsi écrit-elle Avec
mon meilleur souvenir
(1984) ou Derrière
l’épaule
(1998), recueils de textes autobiographiques et d’évocations de
personnalités dont la rencontre l’a marquée, ou une biographie (Sarah Bernhardt : le rire incassable,
1987), sans cesser cependant de publier des romans : Les Faux-fuyants (1991), Un
chagrin de passage
(1994), Le Miroir
égaré
(1996).

Françoise Sagan
décède le 24 septembre 2004 à l’hôpital de Honfleur, où elle a été conduite
pour une embolie pulmonaire. Selon ses volontés, elle repose dans le Lot, au
cimetière de Seuzac, en compagnie de ses proches (ses parents, son frère, Peggy
Roche et Robert Westhoff). Françoise Sagan a rédigé elle-même son épitaphe :

« Sagan, Françoise. Fit son apparition en 1954, avec
un mince roman, Bonjour tristesse, qui fut un scandale mondial. Sa disparition,
après une vie et une œuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale
que pour elle-même. »

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