Bonjour Tristesse

par

Le choix du titre

Le titre du roman a été emprunté à un poème de Paul Éluard. Ledit poème est présent au début du livre et donne en partie son ton au récit. Il y est question d’une tristesse omniprésente dans la vie, tristesse qui accompagne l’amour, qui en devient parfois le moteur, et qui finit par être aimée pour ce qu’elle est.

Le mot « bonjour » fait référence à une émotion nouvelle chez Cécile. La tristesse, c’est ce sentiment négatif que la narratrice expérimente alors qu’elle est en vacances. C’est également un sentiment de regret concernant son plan néfaste qui coûte à Anne la vie et détruit le peu de relations qu’elle avait. Cette tristesse est un sentiment qui la persécute, la trouble, et l’empêche d’établir des relations durables avec les autres : « Aujourd’hui, quelque chose se replie sur moi comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres ». Ce sentiment s’empare d’elle quand elle est seule et qu’elle doit faire face à son esprit d’adolescente égoïste, confuse et troublée.

Aussi, la tristesse est ressentie par Anne. Après avoir surpris Elsa et Raymond dans les bras l’un de l’autre (suite au plan machiavélique de Cécile mettant également en scène son petit ami Cyril), elle a le cœur brisé, et remplie de tristesse, elle décide de se suicider. La tristesse est également le sentiment que Cécile ressent quand elle se rend compte qu’elle est la cause du suicide d’Anne. Cette tristesse est le signe que ses vacances d’été virent au cauchemar.

« Les larmes roulaient inlassablement sur son visage. Elle ne semblait pas s’en rendre compte, le visage immobile :

— Ma pauvre petite fille !…

Elle posa une seconde sa main sur ma joue et partit. Je vis la voiture disparaître au coin de la maison. J’étais perdue, égarée… Tout avait été si vite. Et ce visage qu’elle avait, ce visage… »

Enfin, la tristesse ressentie par la narratrice correspond à son entrée dans l’âge adulte, un âge de prise de décision et de responsabilité. Elle se rend compte qu’elle ne peut plus mener le même style de vie sans en payer les conséquences, et la première conséquence à laquelle elle doit faire face est la tristesse ressentie après le suicide d’Anne.

« Durant un mois, nous avons vécu tous les deux comme un veuf et une orpheline, dînant ensemble, déjeunant ensemble, ne sortant pas. Nous parlions un peu d’Anne parfois : “Tu te rappelles, le jour que…” Nous en parlions avec précaution, les yeux détournés, par crainte de nous faire mal ou que quelque chose venant à se déclencher en l’un de nous, ne l’amène aux paroles irréparables. ».

La tristesse touche également le lecteur chaque fois que Cécile, trop endiguée dans ses mauvais penchants, résiste à la bonne influence d’Anne. Il ressent encore de la tristesse pour Raymond, qui malgré ses bonnes résolutions ne parvient pas à surmonter sa jalousie ; pour Anne qui paye de sa vie l’inconscience des autres. Mais par-dessous tout, pour cette jeune fille dont le plan n’a permis d’atteindre aucun des objectifs qu’elle s’était fixés, et qui est désormais forcée de vivre avec le fardeau de la culpabilité.

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