Bonjour Tristesse

par

L’amour selon Sagan

Bonjour tristesse met enprésence deux conceptions du sentiment amoureux représentées par différentspersonnages – d’une part, Elsa et Cyril, de l’autre Anne.

Les relationsqu’entretiennent Elsa et Cyril avec Raymond et Cécile respectivement sont desrelations caractérisées par l’instant présent, le plaisir, la légèreté. Il n’ya aucune complicité réelle, aucun égard pour l’autre au-delà du plaisir que sacompagnie procure. Il s’agit plus d’ornements humains venus agrémenter, pendantun certain temps, les vies des autres. En particulier dans le cas de Raymond, sonamante Elsa n’est pas la première et ne sera pas la dernière. Il n’envisage pasde l’aimer longtemps et il espère presque qu’elle sera bientôt sortie de sonexistence. Ces relations amoureuses sont présentées comme des sortesd’alternatives à la solitude ; ils aiment pour ne pas être seuls, pourfuir l’ennui, pour passer le temps. « Monpère, peu fait pour la solitude, en fit autant avec une jeune femme assezambitieuse », « Ils se dressèrent devant nous comme deux personnagesfalots et oubliés : ni l’un ni l’autre n’avaient connu Anne ni ne l’avaientaimée. Ils étaient là, avec leurs petites histoires de cœur, le double appât deleur beauté, leur gêne. Cyril fit un pas vers moi et posa sa main sur mon bras.Je le regardai : je ne l’avais jamais aimé. Je l’avais trouvé bon etattirant ; j’avais aimé le plaisir qu’il me donnait ; mais je n’avais pasbesoin de lui. J’allais partir, quitter cette maison, ce garçon et cet été. »

Anne parcontre incarne l’amour véritable. Calme, instruite, brillante et harmonieuse,elle apporte dans la vie de Cécile et de Raymond un réel changement. Et même siCécile résiste à ses efforts, elle finit par admettre l’admiration que cettefemme lui inspire. Comparées à Anne, les nombreuses maîtresses de Raymond, etElsa en l’occurrence, manquent de profondeur. Elles deviennent trop stupides,trop superficielles, et leurs affections saisonnières ne font pas le poids faceau soutien constant et à la dévotion que promet l’amour d’Anne. De la mêmefaçon que l’amour qui unit Anne et Raymond se distingue des autres amours de cedernier, le personnage d’Anne se distingue de toutes ses anciennes maîtresses.

« Je baissais les yeux quand mon père regardait Anneun peu fixement, quand elle riait de ce nouveau petit rire bas, indécent, quinous faisait pâlir, mon père et moi et regarder par la fenêtre. Eussions-nousdit à Anne que son rire était tel, qu’elle ne nous eût pas crus. Elle ne secomportait pas en maîtresse avec mon père, mais en amie, en tendre amie. »

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