Calligrammes

par

Étendards

Cetteseconde section introduit une variation dans le système posé dans lapremière : parfois, le calligramme va venir faire irruption au sein mêmed’un poème en vers libres plus habituel. Seuls trois poèmes, « À Nîmes », « Ombre » et « C’estLou qu’on la nommait », ne sont pas touchés par le calligramme qui sembleprendre de plus en plus de place dans le recueil.

         « La Petite Auto » est unpetit récit de voyage au milieu duquel surgit un dessin de véhicule. Ce dessinest d’autant plus beau qu’on ne peut pas vraiment identifier de quel véhiculeil s’agit. Apollinaire reproduit l’élan que permet le véhicule, plus que levéhicule en lui-même, de la même manière que les peintres modernes tenteront dereproduire le mouvement d’un objet plutôt que l’objet lui-même.

         Dans « Fumées », au milieud’une évocation générale de toutes sortes de fumées, Apollinaire transcrit visuellementles volutes du tabac.

         Dans ce petit récit de guerre qu’est « 2eCanonnier conducteur », les différents épisodes sont illustrés par descalligrammes. Par exemple, il raconte une anecdote salace sur une prostituéequi aurait transmis la vérole à toute l’artillerie en formant avec les mots unfusil. Cette sorte de canon-phallus renvoie au pesant devoir de virilité,inévitable dans l’armée.

         Dans « Veille », l’auteurparvient à exprimer son désir d’élévation en utilisant la verticalité visuellement.

         Pour finir, on trouve encore dans cettesection des calligrammes disons absolus avec « La Mandoline, l’œillet etle bambou » et « La Colombe poignardée et le jet d’eau ». Choseinédite en revanche pour le premier : le poème est calligraphié par la main mêmedu poète, quand tous les autres calligrammes qui précédaient étaient desreproductions typographiques de cette calligraphie. Cette forme va revenirquelques fois dans la suite du recueil. 

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