Calligrammes

par

Structure du recueil

Dans son recueil Calligrammes, Apollinaire a classé ses poèmes en plusieurs parties : Ondes, Étendards, Case d'Armons, Lueurs des tirs, Obus couleur de lune et La tête étoilée. Chaque partie regroupe des thématiques qui lui tiennent à cœur à ce moment précis de son existence. Cela va des sujets du quotidien à des choses plus noires, comme la guerre, ou plus romantiques comme l'amour. Parmi ces six partis, on peut tout de même séparer la première des suivantes en fonction des thèmes abordés.

Ondes : Ondes est un hommage à la nature et aux choses qui nous entourent… mais d'une façon bien personnelle à l'auteur. En effet, les titres sont trompeurs car la nature ne sert ici que de métaphore à l'humain. On retrouve ainsi des titres comme Paysages, Arbre, Les collines, Le musicien de Saint-Merry …

 

Dans ces textes, l'auteur décrit les choses comme il les perçoit, dans leur simplicité, leur ajoutant juste un soupçon de poésie. Toujours dans sa volonté de donner une beauté visuelle à ses textes, Apollinaire va jouer sur les couleurs au sein même de ses poèmes, comme dans Les fenêtres : « Du rouge au vert, tout le jaune se meurt […] Le pauvre jeune homme se mouchait dans sa cravate blanche […] La fenêtre s'ouvre comme une orange. », ou sur leur présentation avec : « Voici la maison où naisse les étoiles et les divinités. », écrit de façon à représenter le dessin d'une maison. Le poème Colline, lui, est formé de rimes de longueurs différentes qui peuvent donner la sensation au lecteur d'avoir sous les yeux de vrais collines, métaphore utilisée pour parler des Grands Hommes : «Certains hommes sont des collines […] ». Dans Lettre-océan, l'auteur nous décrit une de ses journées et les choses qui l'entourent : « Je traverse la ville nez en avant et je la coupe en 2, […] Gens de mauvaise mine sur le quai à la Vera Cruz. ». L'auteur pioche donc dans l'observation de son quotidien et dans les conclusions qu'il en tire pour créer cette première partie.

 

Étendard et autres parties: Étendard est le prémisse des sujets de guerre. S'en suivront  Case d'Armons, Lueurs des tirs, Obus couleur de lune et tête étoilée. Ici, la mort et la guerre sont omniprésentes. Il y est question de douleur, de sang, de regrets. Apollinaire nous parle de ses camarades partis combattre : « Tous les souvenirs de naguère, O mes amis partis en guerre […] Ceux qui sont partis à la guerre au Nord se battent maintenant. », et des horreurs que la guerre apporte, avec tout le sang versé : « Et tandis que la guerre, ensanglante la terre […] ». Il nous parle également des régiments, des compagnons qui se battent à ses côtés, et une sorte de fierté en ressort : « Me voici libre et fier parmi mes compagnons. Le réveil a sonné et dans le petit jour je salue la fameuse Nancéenne que je n’ai pas connue. ».

 

Les poèmes suivants sont plus graves, emprunts de plus de douleurs et de peine. Cependant, on peut retrouver au milieu de cette désolation une touche de gaieté. En effet, si Apollinaire traite de la guerre, il parle également d'amour. De nombreux poèmes, mêmes s'ils sont teintés d'amertume, parlent de la joie de l'amour et de la liberté. Le poème Un oiseau chante en est un très bel exemple. Ici, malgré la guerre, l'auteur se sent apaisé car la présence du chant d'un oiseau lui rappelle sa bien-aimé : « Un oiseau chante ne sais où, c'est, je crois, ton âme qui veille […] Ton chant si doux répète-le à la mitrailleuse funeste. ». Il nous parle également des femmes qui ont frappé son esprit, comme La jolie rousse, pour laquelle il dépéri d'amour ; même ayant affronté la guerre, la mort et la douleur, il ne connaît plus grande peine que de ne pouvoir avoir cette femme : « Elle vient et m'attire ainsi qu'un fer l'aimant, elle a l'aspect charmant d'une adorable rousse […] Mais riez riez de moi hommes de partout surtout gens d'ici car il y a tant de choses que je n'ose vous dire. »

 

Ainsi, ces parties peuvent être lues à la manière d'un journal intime, où l'auteur nous dépeindrait la vie qu'il a, ce qu'il voit, ce qu'il ressent, tant dans les bons moments que les mauvais, parlant des choses de la vie comme l'amour, le temps qui passe et la mort. Ce sont par ailleurs des thèmes récurrents chez Apollinaire, comme peuvent en témoigner de très célèbres poèmes tels Le pont Mirabeau (recueil Alcool) ou encore La montre.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Structure du recueil >