Candide ou l'optimiste

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Une violente critique de son époque

Les péripéties de Candide servent à mener une charge contre les institutions du 18ème siècle. Parmi les cibles de la critique de Voltaire, on retrouve la noblesse et l'église, le fanatisme et l'intolérance mais aussi la guerre et l'esclavage.

La noblesse est présentée comme imbue d'elle-même et coupée des réalités du monde. Le château du début du conte, bien qu'il semble un paradis au jeune Candide, n'est qu'une propriété banale qui ne justifie en rien l'orgueil démesuré qu'en tire le Baron. Candide lui-même se voit refuser tout titre de noblesse et le Baron refuse de le reconnaître car le père de Candide, bien que noble, ne l'était pas assez. Voltaire critique ici l'aristocratie, qui refuse de considérer un homme pour sa valeur propre et s'attache à des valeurs vides comme les titres de noblesse.

L'église en tant qu'institution et les hommes qui la composent sont des cibles privilégiées de la critique de l'auteur. Son incapacité à s'ériger contre la politique de guerre des pays et son indifférence au massacre causés par les conflits révoltent l'auteur qui reproche à l'institution de profiter de la crédulité et du manque d’éducation des gens simples pour abuser d'eux et leur imposer un pouvoir absolu. Il est également reproché à l'église d'être d'une extrême intolérance et de pourchasser et de tuer tous ceux qui ne partagent pas son point de vue. Les hommes d'église sont présentés comme des êtres d'une duplicité absolue : se retranchant derrière un masque de vertu, ils se livrent en secret à la débauche et aux pires excès.

Les jésuites, que Voltaire connaît bien pour en avoir subi l'éducation, sont aussi critiqués pour être proches des puissants de ce monde. Voltaire met dans la bouche d'un esclave la contradiction manifeste entre la doctrine prêchée par – entre autres – les jésuites qui veut que tous les hommes soient frères car descendant d'Adam et Ève et le fait de cautionner l'esclavage.

Pour Voltaire, le plus révoltant, le plus nuisible à l'homme est le fanatisme et l'intolérance. C'est ce qu'il désigne lorsqu'il s'écrie : « Écrasons l'infâme ». Il donne dans Candide de nombreux exemples d'intolérance et de fanatisme, principalement du fait de l'église catholique, mais aussi de la part de protestants.

La dénonciation de la guerre et de toutes ces atrocités tient une place également importante dans l’œuvre, avec des descriptions de massacres causés par des conflits inutiles et sans intérêt pour les peuples au nom desquels ils sont commis. La guerre est ici présentée comme le jeu du prince, soumis à sa seule volonté et pour son seul plaisir, le pays et ses habitants n'en tirant aucun bénéfice.

L'esclavage fait aussi partie des cibles de Voltaire, qu'il s'en prenne à ceux qui le pratiquent ou à ceux qui le tolèrent hypocritement.

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