Critique de la faculté de juger

par

Une critique de la faculté de juger téléologique

A. Le jugement téléologique

 

Contrairement au jugement esthétique, Kant écrit que le jugement téléologique affirme un but objectif et non subjectif. Est postulée l’harmonie de la nature elle-même. Le but est de comprendre les êtres vivants de façon réfléchissante car nous sommes dans l’incapacité de les expliquer de façon déterminante. Chez Kant, la nature équivaut à l’ensemble des êtres vivants, à l’ensemble des phénomènes.

Dans cet ouvrage, le point de vue de la raison vise la fin et non la causalité. Or la cause pour ce qui concerne le vivant ne peut rendre compte de la nature. En effet, Kant écrit que chez un être vivant, la cause et l’effet se superposent. Cela signifie que l’être vivant est celui dont les parties ne peuvent être saisies que si on les rapporte à l’idée d’une totalité considérée comme cause finale. Le jugement téléologique postule la finalité. Il a schématiquement une double portée : dans un premier temps, une valeur épistémologique (pour la fondation d’une science du vivant), et dans un second temps, il renvoie à l’ontologie critique (comment ne pas revenir à l’idée d’un Dieu créateur et organisateur de la nature lorsqu’on pense à cette nécessaire finalité ?) et à la fondation transcendantale de la pratique (comment concilier nature et liberté ?).

 

B. Nature et liberté

 

La Critique de la faculté de juger atteint son objectif quand la téléologie se replie sur les postulats de la raison pratique : pour que l’action morale soit possible, il faut que les lois de la nature permettent la réalisation de l’impératif catégorique. Dès lors, la téléologie est l’idée pratique elle-même. En effet, Kant dit que dans la nature, chaque être vivant paraît avoir été créé pour un autre, tandis que l’homme ne peut être un pur moyen : il n’est pas en vue d’un autre, mais en vue de lui-même, en tant qu’homme moral. L’homme est la finalité. Le but final de la nature est donc l’homme moral. Ainsi, la téléologie ne restaure pas une ontologie précritique en admettant le Dieu créateur de la théologie classique, mais elle applique la théologie rationnelle (celle de la deuxième Critique) en posant la nécessité d’une finalité visée sur le mode de l’idée régulatrice. La téléologie est donc morale en elle-même et elle fait de la théologie classique une théologie morale.

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