Disparu à jamais

par

Le dilemme entre amour et justice

Ici, la question pour le héros se pose :doit-il protéger son frère malgré le mal qu’il est supposé avoir fait ?Faut-il l’aider ? Le livrer à la police ? Dès le début du roman, cesquestions affleurent : « – Alors, que comptes-tu faire ? Leretrouver ? Le livrer à la police ? L’aider à se cacher ? Hein ? Je n’avais pasde réponse prête. » Il ne sait pas encore s’il peut vraiment comptersur l’innocence de son frère mais il est prêt à tout pour le retrouver. Sileurs retrouvailles ont lieux, il ne sait pas s’il le cachera ou s’il lelivrera à la police mais une chose est sûre : il doit retrouver son frèrequoi qu’il en coûte, tout en espérant qu’il a simplement été victime d’un coupmonté. Jusqu’au bout Will soutient son frère, il refuse de le laisser tomberalors que lui-même est en fâcheuse posture, et il mène sa traque dans plusieursÉtats, mettant parfois des gens qu’il aime en fâcheuse posture.

Tout au long du roman, l’amour est le moteurde Will : son frère lui manque, et sa possible existence crée en lui unindicible espoir. Les deux frères semblent avoir été très liés dans leurenfance : ils évoquent des souvenirs qui leur font chaud au cœur une foisréunis, et retrouvent les gestes de tendresse d’autrefois : « Avecun hurlement de joie, j’ai foncé vers la porte. Je l’ai ouverte à la volée,mais Ken accourait déjà. Il s’est jeté sur moi. Et les années se sont effacées.D’un coup. Nous avons roulé sur le tapis. J’ai gloussé comme si j’avais septans. Il riait aussi. » Malheureusement, l’amour ne peut pas effacerles crimes de Ken : Will va devoir passer outre son bonheur pour faire cequi est juste. En livrant Ken à la police, il permet de rendre justice à JulieMiller qui n’a jamais été vengée mais aussi à toutes les autres victimes de sonfrère. Livrer son propre frère est une très grande preuve de courage et montrela maturité qu’a su acquérir le personnage au cours de son périple. Il montremalgré tout un léger moment de faiblesse – « Va-t’en, ai-jemurmuré, suppliant. S’il te plaît. Sauve-toi » – dont son frère neprofitera pas. Et en effet, cette justice n’aurait pas pu être rendue sansamour en retour : Ken s’est refusé à tuer son frère et a accepté de selivrer aux forces de l’ordre. Il pensait pouvoir tuer Will mais finalement, sonamour l’a emporté : « Je ne saurais expliquer ce qui s’est passé.C’était peut-être ma position, sur le dos, totalement sans défense […] je n’ensais rien. […] Ken m’a regardé. Il a glissé le pistolet dans ma main. Puis ilm’a embrassé avec force. J’ai noué mes bras autour de lui. Je l’ai serré,l’assassin, tout contre moi. »

L’amour et ce devoir de justice se livrent uncombat sans fin dans ce roman, prenant une plus grande ampleur au moment leplus crucial de l’intrigue. Et c’est finalement un mélange des deux qui permetune fin « heureuse ». L’auteur livre alors une sorte de moralearrangée, où la loi et les sentiments peuvent cohabiter.

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