Disparu à jamais

par

Un roman révélateur de l’art de Coben

Après le succès de Ne le dis à personne, adapté au cinéma par Guillaume Canet, Harlan Coben publie en 2002 son roman intitulé Disparu à jamais. Dans bon nombre de ses romans policiers, l’intrigue s’enracine dans un quotidien tout à fait banal – une famille qui prend son petit-déjeuner, un amour mort il y a longtemps – quand un élément vient tout bouleverser. Ici, alors que Sunny Klein est à l’hôpital en phase terminale de cancer, elle avoue à son fils Will qu’elle sait que son aîné est toujours en vie. Ces éléments bouleversants fonctionnent comme des déclencheurs de l’histoire : les protagonistes se voient obligés de partir en quête de leur passé, réalisant un retour aux sources rarement agréable. Ces épreuves sont là pour les amener à se transcender ; partant de rien, de personnages banals ils sont forcés à devenir des héros à leur manière et sont enfin réellement maîtres de leur destin.

Dans ce roman policier, l’intrigue est menée de bout en bout, sans coupures, dans un suspense assez prenant. Les rebondissements sont surprenants, inattendus, et laisse au lecteur tout le plaisir d’apprécier des conclusions auquel il ne s’attend pas. Ici, le « méchant » de l’histoire prend tour à tour plusieurs visages : on soupçonne tout d’abord John Asselta, qui terrorise tout le monde, et semble tremper dans toutes sortes de mauvais plans, puis via le FBI survient Pistillo, un homme ambitieux prêt à tout pour coincer McGuane, même à mentir et à mettre Will Klein en prison, ce qui en fait un suspect idéal. Alors seulement le véritable meurtrier se révèle et c’est sous les traits de Ken que la vérité est enfin mise à nue pour le lecteur, lequel avait d’abord amené à penser qu’il était innocent, victime d’un coup monté. Cette mise en scène est assez caractéristique des romans de Coben qui se plaît à manipuler son lectorat jusqu’aux dernières pages du livre : alors que tout semble être réglé, fini pour de bon, un élément imprévu vient se glisser dans l’intrigue et la clore sur les chapeaux de roues.

Disparu à jamais ne déroge donc pas aux règles habituelles des romans de Harlan Coben et l’auteur réalise une nouvelle fois un polar bien ficelé, où les pièces du puzzle prennent peu à peu place, les éléments s’emboîtant un peu à la façon de poupées russes pour révéler une fin spectaculaire.

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