François le Champi

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Résumé

L’histoirede François le Champi, retranscrivant un récit oral fait lors d’uneveillée paysanne, est d’abord contée par la servante d’un curé, puis par unchanvreur.

 Madeleine Blanchet, une jeune meunière deCormouer – une localité imaginaire de la campagne française – fait connaissanceun matin, en allant au lavoir, d’un petit garçon d’environ six ans. L’enfant,pauvrement vêtu et limité dans son langage, lui explique seulement qu’on lesurnomme « François le Champi », et qu’il vit avec « laZabelle ». La jeune meunière comprend, à ces précisions, la situation del’enfant : le terme de « champi » désignait, à l’époque et enmilieu rural, un enfant abandonné dans les champs par ses parents ;François pour sa part vit avec sa mère adoptive, Isabelle Guyot, une pauvrefemme d’une cinquantaine d’années qui vient d’emménager dans une dépendance dumoulin que lui loue le meunier, Cadet Blanchet, le mari de Madeleine.

 Elle-même maman d’un petit garçon d’un anprénommé Jeannie, Madeleine prend pitié de François, qu’elle voit fiévreux etmal nourri, et elle est également touchée par ses bons sentiments lorsqu’ill’aide à porter son linge sur le chemin du retour. Charitable, elle décided’aider la Zabelle et François en leur donnant de la nourriture et desvêtements, en cachette de son mari le meunier et de la mère de celui-ci, quivit avec eux. Cadet Blanchet et sa mère font en effet passer, au contraire dela généreuse meunière, leurs intérêts avant tout, et Madeleine commence à sesentir malheureuse auprès d’un homme qui la rudoie et ne la regarde plus, etd’une belle-mère qui la déteste et la jalouse secrètement.

Françoisgrandit sereinement grâce aux bons soins conjugués de Madeleine et de laZabelle, mais la meunière, de plus en plus malmenée par sa famille, se voitcontrainte de restreindre ses bienfaits envers un enfant auquel elle découvrenéanmoins, émerveillée, des qualités de cœur si impressionnantes qu’elles réussissentà faire oublier des lacunes éducatives qui, selon les croyances populaires,destinent tôt ou tard les « champis » à se convertir en brigands.

Aufoyer de la Zabelle la misère se fait cruellement sentir, et celle-ci décided’implorer la pitié de la mère du meunier. Rompant le pacte de discrétion qu’elleavait passé avec Madeleine, elle révèle alors à la cruelle femme l’aide que sabru leur a dispensée pendant les quatre dernières années. Furieuse, labelle-mère offre à la Zabelle de lui décompter six mois de loyer, mais à unecondition : elle doit se débarrasser de François le Champi en l’envoyant àl’hospice. À contrecœur, la Zabelle s’apprête à s’exécuter, mais Madeleines’interpose violemment : sur le point d’être rejeté par sa mère adoptive,François se découvre alors une nouvelle « mère » en la personne de lajeune meunière, qui s’est prise d’affection pour ce garçon et n’entend pasl’abandonner à un funeste sort.

Surces entrefaites, le brusque décès de la belle-mère de Madeleine permet à Françoisde rentrer au service du meunier, se rapprochant ainsi de celle qui l’aimecomme un fils, et de celui qu’il considère comme un frère, le petit Jeannie.Madeleine lui apprendra à lire et à écrire, même si ses manières en société,toujours gauches et empruntées, le ramènent constamment à sa condition de« champi ». Le meunier quant à lui délaisse de plus en plus sa femme ;il prend une maîtresse et commence à mener une mauvaise vie, faite de fêtes etd’excès, qui l’éloignent pendant des semaines entières de son foyer.

Àquinze ans François, travailleur irréprochable, devient le garçon du moulin etseconde le meunier dans ses labeurs. La mort de la Zabelle rapproche encoreplus le jeune garçon de Madeleine et leur affection mutuelle, bienqu’innocente, commence à être mal vue dans le pays.

Àses dix-sept ans, François est devenu un beau garçon qui attire un jourl’attention de la maîtresse du meunier, Sévère, une jeune femme plantureuse et peufarouche. Elle tente en vain de le dévergonder et, vexée de s’être faitéconduire, l’accuse auprès du meunier d’avoir eu des gestes déplacés vis-à-visd’elle. Cadet Blanchet, furieux et se ralliant aux idées reçues sur lamalédiction atavique des « champis », le chasse de chez lui. Pourfaire de la compagnie à Madeleine et l’aider aux tâches ménagères, il prend chezlui sa jeune et jolie sœur Mariette, laissée sans tuteur par le décès de leuroncle.

 François part travailler dans un autre moulin,à six lieues de là, au pays d’Aigurande. Concentré sur son travail, il fait lebonheur de son nouveau patron, Jean Vertaud, qui ne tarde pas à envisager d’enfaire son gendre : sa fille Jeannette, la trentaine et jusqu’ici rebelleau mariage, s’éprend en effet rapidement du Champi. Mais François, bien qu’ilapprécie ses nouveaux maîtres, est mélancolique : il ne peut oublierMadeleine, et ne sort dans les foires de la région que dans l’espoir d’avoir deses nouvelles.

Unjour un curé de la région vient révéler à François une information confidentielled’importance : sa mère biologique – dont on ignore si elle est encore envie – lui lègue quatre mille francs, à la seule condition qu’il en garde lesecret. La nouvelle laisse assez indifférent le Champi, peu intéressé par lesbiens matériels, et il confie l’argent à la gestion avisée du curé.

Ayantappris que le meunier Blanchet était décédé en laissant sa femme couverte dedettes, François supplie Vertaud qu’il lui permette de retourner au Moulin Cormouer.C’est un spectacle affligeant qui l’attend là-bas : Madeleine, souffranteet alitée, est soignée par sa fidèle servante, Catherine, et par sa belle-sœurMariette, que François juge aussitôt aussi superficielle que jolie. Le moulinet ses dépendances tombent en ruines, et Sévère, l’ancienne maîtresse et laprincipale créancière du défunt meunier, prétend faire main basse sur tous lesbiens, en comptant notamment sur la complicité de Mariette, plus sottementéblouie par la vie de plaisirs que lui fait miroiter Sévère que foncièrementméchante.

François,comme guéri de son ancienne maladresse, s’érige en sauveur de lasituation : il répare le moulin, soigne Madeleine, se met au travail, etréussit ingénieusement, grâce à divers stratagèmes – et avec les quatre millefrancs – à racheter les biens engagés auprès de Sévère. Celle-ci, contrariéedans ses mauvaises intentions à l’égard de Madeleine – qu’elle a toujoursjalousée –, détourne alors l’attention que Mariette commençait à prêter àFrançois pour l’impliquer définitivement dans son monde dissolu à travers unmariage arrangé avec l’un de ses amis, Jean Aubard.

François,désormais plus clairvoyant que sa « mère adoptive », lui tient tête pourla première fois lorsqu’elle lui suggère d’épouser sa jeune belle-sœur : ayantappris le compromis avec Jean Aubard en surprenant une conversation entreSévère et Mariette, François devine que Mariette ne l’aime pas, et a consciencequ’il ne ressent lui non plus rien pour elle. Il commence en revanche àaccepter l’idée que les sentiments forts qui l’unissent à Madeleine – à peineâgée de trente ans – pourraient être d’un autre ordre que purement filiaux…Mais, honteux, il n’ose lui en faire part.

Larévélation de cet amour rend François très malheureux, et lors d’une visite auxVertaud, ses anciens patrons, il se confie à Jeannette, qui lui propose sonaide en toute amitié. Les Vertaud viennent rendre visite à Madeleine, etJeannette révèle à cette dernière la nouvelle nature des sentiments de Françoisà son égard. D’abord interloquée, Madeleine ne tarde pas à accepter comme undon du ciel de partager le reste de sa vie avec son Champi qui, à l’opposé dela mauvaise réputation injustement donnée à ceux de sa condition, est peut-êtrele seul cœur à égaler le sien en pureté.

Lerécit s’achève par les doutes que laisse planer l’orateur, le chanvreur, surson authenticité…

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