Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice

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Marquis de Sade

Le marquis de Sade est un homme de lettres français connu pour ses écrits érotiques violents et athées. Il fallut attendre deux siècles pour que son œuvre soit accessible à tous.

Donatien Alphonse François de Sade est né le 2 juin 1740 à Paris dans la demeure familiale. Son père, le comte de Sade, est issu d’une des plus anciennes maisons de Provence, la maison Sade. Sa mère est parente de la princesse de Condé. Aîné de la fratrie, il est indifféremment dit marquis ou comte. Il admire son père, un homme érudit et libertin et, comme lui, il ignore sa mère, laquelle finira sa vie dans un couvent.

L’éducation du jeune garçon est confiée à son oncle, l’abbé Jacques-François de Sade, lequel est connu autant pour son libertinage que pour son érudition ou son amitié avec Voltaire. En 1750, le jeune marquis de Sade entre au collège Louis-le-Grand où il acquiert la passion du théâtre.

En 1734, il est accepté à l’École des chevau-légers de la garde du roi qui est réservée à la plus haute noblesse. Malgré sa belle carrière militaire – qui le conduit au rang de capitaine des Dragons –, il mène déjà une vie dissolue et fréquente assidûment les maisons closes.

En 1739, il obtient du roi la charge de lieutenant général et il achète les terres dont il assure la protection. Puis il entreprend une carrière diplomatique qui le conduit à Londres, en Russie, en Allemagne. Son comportement audacieux avec la maîtresse du roi Louis XV lui vaut une mise à l’écart définitive des grandes fonctions de l’administration royale. 

En 1763, il épouse une jeune fille de petite noblesse mais disposant d’un grand patrimoine. Le couple s’entend fort bien et son épouse supportera longtemps les infidélités de son mari. Quelques semaines après leur mariage, le marquis de Sade est emprisonné après la plainte d’une jeune galante. Il est libéré et assigné à résidence dans le château familial. Dès la fin de l’année 1964, il est pris en filature par la police. Les rapports des agents fourniront par la suite les meilleurs éléments d’étude de la vie intime du jeune marquis.

À 25 ans, il est proche du prince de Condé et ses conquêtes sont déjà nombreuses. Il a pour maîtresses des personnalités importantes de l’époque. Le prince est d’ailleurs le parrain de son premier enfant.

En 1768 se produit l’un des premiers scandales populaires qui émaillent la vie du marquis. Après avoir invité Rose Keller, une mendiante, dans l’un de ses appartements parisiens, il l’attache, la fouette cruellement et l’oblige à blasphémer en plein Dimanche de Pâques. La femme parvient à s’échapper ; le marquis est jugé et incarcéré. L’intervention de sa famille lui permet d’être libéré à la condition qu’il s’exile sur ses terres. Il y poursuit ses libertinages dans son château, avant d’être de nouveau emprisonné pour des dettes qu’il a contractées. Entretemps, il a mis fin à sa carrière militaire, et sa femme donne naissance à leur troisième enfant. Son train de vie le conduit peu à peu à la ruine. Il a entrepris d’importants travaux de rénovation dans leur château de La Coste où il organise de magnifiques représentations théâtrales.

C’est en 1772 qu’éclate l’affaire de Marseille au cours de laquelle quatre jeunes filles l’accusent d’empoisonnement (il s’agit en réalité d’aphrodisiaques) et de sodomie, une pratique sexuelle alors punie de la peine de mort. Il s’enfuit alors en Italie avec sa jeune belle-sœur qui est promise à une carrière de chanoinesse. Elle le quitte bientôt en raison de son infidélité. C’est en Savoie que le marquis de Sade est de nouveau arrêté et emprisonné. Sa femme offre de l’argent aux gardiens afin que son mari s’évade. Le marquis se réfugie alors dans leur château de Valéry où il vit secrètement et en réussissant à chaque fois à éviter les perquisitions de la police du roi. Il n’a d’autres alternatives que de s’enfuir. Il se déguise en curé et repart en Italie.

En 1774, il est à nouveau dans son château de La Coste où il a fait engager de jeunes domestiques. Alors que sa famille tente d’obtenir l’annulation de ses condamnations antérieures, il impose de nouvelles relations sexuelles violentes à son personnel. Le marquis utilise des objets tranchants et une nouvelle enquête est ouverte. Sa famille œuvre pour faire disparaître les preuves à charge alors que lui s’enfuit en Italie. Il revient en 1775 et il est arrêté à Paris le 13 février 1777. Il échappe à la peine de mort, mais d’ores et déjà ni le roi ni sa famille ne s’empressent de le libérer.

Il a alors 38 ans. Il restera prisonnier 11 ans à Vincennes puis à la Bastille. Son comportement en prison ne plaide pas pour une libération anticipée. En octobre 1785, durant sa détention, il commence la rédaction des Cent Vingt Journées de Sodome. Il l’écrit en secret pour que ses gardiens ne le trouvent pas.

Le 2 juillet 1789, il se met à hurler depuis sa cellule de la Bastille et il est transféré à l’asile psychiatrique de Charenton. Il perd la trace de son manuscrit, d’autant plus que quelques jours plus tard, la prison est mise à sac lors de la Révolution française.

En 1790, il est libéré et il s’installe à Paris avec l’intention d’écrire et de rester en retrait de la vie publique. Son épouse obtient leur séparation. Le marquis de Sade se lie avec Marie-Constance Quesnet qui restera près de lui jusqu’à sa mort. Il met ses qualités d’écrivain au service de la Révolution, mais l’intensité de ses positions anticléricales lui attire les foudres de Robespierre. Le marquis est de nouveau emprisonné le 8 décembre 1793. Le 26 juillet 1794, il est condamné à mort, mais pour une raison indéterminée, il évite la sentence.

En 1795, il vend son château de La Coste ; cependant une erreur administrative le prive de tous ses biens. Il est alors dans une situation financière préoccupante. Il décide de rédiger et de publier des récits pornographiques qui lui assurent des ressources suffisantes.

L’ouvrage Justine ou les Malheurs de la vertu qu’il a publié de manière anonyme déchaîne la critique et malgré ses dénégations, la critique lui en attribue la paternité. Il est de nouveau emprisonné le 6 mars 1801. Sa famille parvient à le faire transférer à l’asile de Charenton où il est l’objet d’une stricte surveillance ; en dehors d’une période durant laquelle il est autorisé à réaliser des pièces de théâtre, on lui interdit de posséder des crayons, des plumes, de l’encre ou du papier.

Il meurt dans cet asile en 1814 et à l’âge de 74 ans après avoir passé près du tiers de sa vie en détention. Ses pratiques sexuelles violentes ont donné naissance au mot « sadisme ».

En raison des risques qui pesaient sur l’auteur de tels écrits, le marquis de Sade n’a reconnu que ses œuvres historiques, ses discours politiques et les recueils érotiques ne contenant aucun caractère pornographique.

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