Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice

par

Juliette

Juliette est dès ses premières années une nymphomane sadique qui n’a presque aucun besoin d’être persuadée pour s’adonner aux pires vilenies. Il suffira d’un seul discours de l’abbesse Delbène (un discours certes assez long) pour la guérir de toute la morale ordinaire. Capable de cruautés inouïes, elle n’est encore qu’adolescente quand elle veut déjà violer sa sœur Justine, et à défaut, une novice de neuf ans. Elle pratique avec aisance le vol et le meurtre sous toutes ses formes, sans le moindre souci pour le mal qu’elle cause aux autres. Elle aura au début de ses aventures encore un reste de naïveté qui la laisse surprise d’être malmenée par Delbène lorsque son père meurt et qu’elle ne peut plus rester au couvent. Mais cette naïveté se dissipe bien vite ; il n’y aura bientôt que l’idée d’affamer les deux tiers de la France qui puisse la choquer.

Prête à toutes les perversions, elle en invente autant qu’elle consent à y participer. À part le plaisir du crime, sa grande intention dans la vie est de s’assurer la richesse, qui la mettra à l’abri de tout. Elle volera donc le trésor papal ainsi que celui de Naples. Elle n’a aucun sentiment maternel, et lorsque sa fille préfère ne pas se mêler à ses débauches elle la livre en pâtée à Noirceuil et ne proteste aucunement quand celui-ci la brûle vive. Pas plus filiale, elle séduit aussi l’homme qu’elle croit être son père avant de le tuer, tout comme elle tue son amante Clairwil lorsqu’elle est menée à croire que cette dernière l’a trahie.

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