Hygiène de l'assassin

par

Nina

On ne sait pas beaucoup de choses sur cette femme. Nous savons qu'elle a trente ans, qu'elle est journaliste – « La presse masculine engage des femelles, maintenant ? » –, célibataire – « Aujourd'hui, une femme peut avoir envie de rester célibataire » – et qu'elle a un excellent sens de la répartie et de la déduction – « Seule de mon espèce, j'ai flairé la vérité ».

Elle est la seule à avoir lu attentivement tous les écrits de Prétextat Tach et à découvrir que son livre Hygiène de l'assassin est en fait un roman autobiographique où il décrit son propre meurtre. Au fur et à mesure de leur entretien, elle l’amène à lui faire des confidences, à lui avouer explicitement son crime avant de le décrire. Le pari qu'elle a fait avec M. Tach est gagné pour elle puisqu’elle le fera ramper, quitte à ce qu'il en meure, non seulement par satisfaction personnelle mais aussi pour lui faire découvrir la souffrance qu’a endurée sa bien-aimée.

Quand il lui déclame son amour – « Oui, Nina. Je vous aime, Nina » –, elle éprouve une répulsion intense, une horreur absolue – « Taisez-vous, vous me donnez envie de vomir ». Pour évacuer son horreur et ne pas perdre la tête, elle cède aux supplices de ce meurtrier et l’étrangle à mains nues. Elle conclut ainsi son meurtre : « Cher vieux fou, vous avez bien failli m'avoir. Vos discours m'énervaient au-delà de...

Inscrivez-vous pour continuer à lire Nina >

Dissertation à propos de Hygiène de l'assassin