Hygiène de l'assassin

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Résumé

Le personnage principal d’Hygiène de l’assassin porte le nom de Prétextat Tach. Il s’agit d’un écrivain très célèbre, lauréat du prix Nobel de littérature. À quatre-vingt-trois ans, il ne lui reste plus que deux mois à vivre, car il est atteint d’un syndrome inventé par l’auteure, l’Elzenveiverplatz, un cancer des cartilages.

Ce personnage étrange a décidé d’arrêter définitivement son activité d’écrivain, après avoir écrit une vingtaine de livres remarquables. Toute sa vie, Prétextat a refusé de parler au moindre journaliste mais maintenant qu’il est tout près de la mort, il accepte de s’entretenir en tête-à-tête avec cinq reporters.

Très vite, on identifie M. Tach comme une personne misanthrope, intolérante, acariâtre, irascible, misogyne et cynique. En effet, cet être obèse et infirme, sûr de sa personne et de son intelligence, se permet de remettre à sa place chacun des cinq journalistes venus l’interroger. Il conduit lui-même l’interrogatoire, ne supportant guère d’être interrogé sur sa vie privée. Il se rend compte qu’aucun des chroniqueurs n’a lu ses livres et qu’ils s’intéressent seulement à la maladie étrange qui le touche.

L’écrivain déteste les hommes et leur montre bien : le premier journaliste est congédié après que sa bêtise lui fut pointée du doigt ; le second fuit d’écœurement quand Tach lui rapporte ce qu’il est accoutumé à manger au cours d’orgies alimentaires ; le troisième et le quatrième sont insultés et renvoyés grossièrement ; puis viens le tour de la cinquième journaliste, une jeune femme prénommée Nina qui, contrairement à ses prédécesseurs, sait se montrer intéressante aux yeux de cet énergumène. L’écrivain est désarçonné et intrigué par cette jeune femme si sûre d’elle qui, après deux minutes seulement, lui ordonne de s’excuser de l’avoir insultée. Se prenant au jeu, il lance alors un affrontement verbal hors du commun avec la journaliste, mêlant insultes et questions complexes afin de juger de son intelligence et de sa capacité à l’affronter.

Le roman est d’ailleurs presque entièrement fait de dialogues sans verbes de parole. Les dialogues deviennent ici pour l’écrivain un instrument de torture qu’utilise Tach contre les journalistes face à lui.

Tach se rend vite compte que Nina connaît son œuvre sur le bout des doigts. Malgré les propos misogynes de l’écrivain, les femmes possèdent un rôle très important dans ses histoires. C’est ce que lui montre Nina. Elle a même lu son livre inachevé intitulé Hygiène de l’assassin et tente de lui faire dire ce fameux titre. Comme Tach se refuse à parler d’une certaine « strangulation » dont Nina semble tout savoir, elle finit par lui raconter une histoire : celle de l’auteur.

Elle commence par lui parler de son enfance et de ses souvenirs. Tach est tout d’abord réticent à l’idée d’aborder ce genre de sujets mais il finit par répondre à ses questions avec plus ou moins de précision et de sincérité. Très vite, une forte présence féminine ressort de ses souvenirs : celle de Léopoldine, sa jeune cousine avec qui il eut une relation incestueuse. Il explique alors la promesse que s’étaient faite les deux enfants de ne jamais grandir, de rester à jamais des enfants beaux et amoureux que rien ne souillerait. Mais évidemment, Léopoldine a grandi et son corps a changé ; elle connut aussi ses premières règles. Fou de rage contre la nature, Tach l’a étranglée en la voyant devenir si âgée et si impure.

De nombreuses révélations vont alors faire suite à celle-ci. L’incendie de Saint-Sulpice, le meurtre de toute sa famille, sa haine envers les femmes… Le passé et la personnalité de M. Tach s’avèrent même bien plus complexes que la journaliste ne le pensait.

Le récit de ces horreurs et surtout la certitude de Tach d’avoir fait le bon choix en tuant Léopoldine qui, selon lui, lui souriait et le remerciait du regard tout au long de son agonie, agacent profondément Nina. Elle ne peut concevoir que cet homme soit aussi décalé, seul dans son délire – un délire qui atteint par ailleurs son apogée lorsqu’elle fait le lien entre sa maladie et la mort de la petite : les cartilages assurent ce lien qui enchante l’écrivain. On comprend alors que son roman, Hygiène de l’assassin, est inachevé parce qu’il lui manquait ce petit élément de liaison. Il devient alors totalement euphorique et se perd lui-même dans ses pensées toutes plus étranges et inquiétantes les unes que les autres.

À l’écoute de ses paroles Nina est prise d’une soudaine envie d’étrangler le vieillard malade. Loin de se défendre, ce dernier l’encourage, la poussant à bout pour connaître justement l’extase suprême de savoir ce qu’a pu ressentir sa bien-aimée. Après l’avoir tué en quelques minutes seulement, la journaliste s’assied et s’adresse au cadavre de Tach. Elle le remercie et l’appelle « cher vieux fou ». L’un et l’autre sont devenus complices d’un même secret. Elle comprend enfin ce qu’il cherchait à lui faire découvrir : « la strangulation est un office très agréable. »

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