L'attentat

par

Le cheminement vers la vérité

Le cheminement vers la vérité, qui permets une découverte progressive et délicate du personnage de Sihem : Par la courte lettre qu'elle lui laisse, Amine comprends que sa femme est bel et bien le kamikaze de cet attentat et non une victime innocente.

« À quoi sert le bonheur quand il n'est pas partagé, Amine, mon amour ? Mes joies s'éteignaient chaque fois que les tiennes ne suivaient pas. Tu voulais des enfants. Je voulais les mériter. Aucun enfant n'est tout à fait à l'abri s'il n'a pas de patrie […] Ne m'en veux pas. Sihem. »

Tout un pan de l'histoire de sa femme lui était donc inconnu jusqu'à ce jour. Sihem est coupable, mais ses raisons ne sont qu'esquissées et l'esprit d'Amine est encore tourmenté de questions sans réponses. De plus, on imagine sans mal qu'il restera toujours une part de mystère autour de ce personnage. Il est non seulement complexe, mais Sihem n'est surtout plus là pour offrir des réponses ou confirmer des doutes et des hypothèses. Amine peut en apprendre davantage sur elle, il ne pourra néanmoins jamais apprendre l'entière vérité. La seule personne capable de la lui dire a disparu et le laisse seul face à cette souffrance.

« – J'imagine… J'ai beaucoup pensé à toi depuis l'attentat. Je te sais sensible et fragile et je me demandais comment un écorché vif allait surmonter une telle… une telle…

– Catastrophe, l'aidais-je. Car c'en est une, et pas des moindres. Je suis venu justement pour en savoir plus. Je n'étais pas au courant des intentions de Sihem. Pour être franc, je ne les soupçonnais même pas. Et sa disparition tragique m'a littéralement cisaillé. »

Des personnages apparaissent au fur et à mesure pour lui offrir des éléments de réponse, et lui ouvrir les yeux sur ce qu'il n'avait jamais remarqué avant l'événement. Il discute ainsi avec Adel, un membre de sa famille qui fait lui aussi partie de l'organisation pour la cause palestinienne à laquelle appartenait Sihem. Adel deviendra par ailleurs à son tour un kamikaze plus tard.

« – Je n'ai rien vu venir, Adel. Elle semblait si heureuse…

– C'est toi qui voulais tellement la rendre heureuse que tu refusais de considérer ce qui pouvait jeter de l'ombre sur son bonheur. Sihem ne voulait pas de ce bonheur-là. Elle le vivait comme un cas de conscience. La seule manière de s'en disculper était de rejoindre les rangs de la Cause. C'est un cheminement naturel quand on est issu d'un peuple en souffrance. Il n'y a pas de bonheur sans dignité, et aucun rêve n'est possible sans liberté… Le fait d'être femme ne disqualifie pas la militante, ne l'exempte pas. L'homme a inventé la guerre ; la femme a inventé la résistance. Sihem était fille d'un peuple qui résiste. Elle était mieux placée pour savoir ce qu'elle faisait.»

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