L'attentat

par

Une réalité violente qui s'impose

Le terrorisme est synonyme de violence, de souffrance, de désespoir et d'incompréhension. Cette réalité s'est montrée avec brutalité à Amine par le suicide de sa femme. Aussi, cela met en parallèle des sentiments vécus en dehors de la fiction, autant du côté des victimes que des commanditaires des attentats.

L'auteur transmet une réalité contemporaine par son œuvre et propose un cheminement dans la réflexion. Il lui faut trouver des réponses, car il s'agit de sa femme. Il souffre de ne jamais l'avoir connu réellement.

Amine comprend que sa vision des choses était à l'opposé de celle de sa femme. L'engagement de Sihem l'a poussé à commettre cet attentat suicide, tandis que lui ne pourra jamais avoir une telle pensée :

« Or, j'ai toujours éprouvé une sainte horreur pour les chars et les bombes, ne voyant en eux que la forme la plus aboutie de ce que l'espèce humaine a de pire en elle. Je n'ai rien à voir avec le monde que j'ai profané à Bethléem ; je ne connais pas ses rituels, ignore ses exigences et ne me crois pas en mesure de me familiariser avec. Je hais les guerres et les révolutions, et ces histoires de violences rédemptrices qui tournent sur elles-mêmes telles des vis sans fin, charriant des générations entières à travers les mêmes absurdités meurtrières sans que ça fasse tilt! dans leur tête. Je suis chirurgien ; je trouve qu'il y a suffisamment de douleur dans nos chairs pour que des gens sains de corps et d'esprit en réclament d'autres à tout bout de champ. »

La violence est une chose qu'il cherche à fuir à tout prix. Le mode de pensée d'Amine, avant la lettre expédiée de Bethleem qu'il trouve, écrite par Sihem pour lui comme un au revoir de papier, explique son déni du début de l'œuvre :

« Quel témoin ? Il se rappelle quoi au juste. La bombe que ma femme transportait ou bien son faciès ? Ça fait plus de quinze ans que je partage ma vie avec Sihem. Je la connais sur le bout de mes doigts. Je sais ce dont elle est capable et ce dont elle ne l'est pas. Elle avait les mains trop blanches pour que la moindre tache sur elles m'échappe. Ce n'est pas parce qu'elle est la plus atteinte qu'elle est suspecte. Si c'est ça, votre hypothèse, il doit y en avoir d'autres. Ma femme est la plus atteinte parce qu'elle était la plus exposée. L'engin explosif n'était pas sur elle, mais près d'elle, probablement dissimulé sous son siège, ou sous la table qu'elle occupait… À ma connaissance, aucun rapport officiel ne vous autorise à avancer des choses aussi graves. Par ailleurs, les premiers éléments d'enquête n'ont pas forcément le dernier mot. Attendons les communiqués des commanditaires. Faut bien que l'attentat soit revendiqué. Il y aura peut-être des cassettes vidéo à la clef, à votre attention et à l'attention des rédactions. Si kamikaze il y a, on le verra et on l'entendra. »

Yasmina Khadra s'interroge sur la psychologie, les raisons qui poussent les terroristes à agir. Son personnage principal est d'ailleurs piégé et emmené à comprendre la haine des soldats, en se faisant enfermer six jours et six nuits lors de sa visite à Janin, une ville palestinienne et ravagée par la guerre.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Une réalité violente qui s'impose >