L’Enfant

par

Le sang

Il est impossible de ne pas être troublé et parfois même choqué entant que lecteur à la vue des multiples mots liés au sang et à la souffrance,qu’elle soit humaine ou animale : des « cœurs de moutons » etdes « chiens crevés » servent de synecdoques pour décrire lesrelations et actions humaines. La « chair » des amantes estfréquemment soulignée. De plus, le narrateur rapporte sans cesse :« le sang me descend à la figure », « le sang m’est monté aucrâne », etc. Bien sur, le sang n’est pas le seul motif naturaliste quel’on peut remarquer ; Jacques évoque également la sueur et décritfréquemment l’apparence et l’odeur des choux et des oignons.

 

                        A. À la maison

 

         La souffrance estévoquée à travers la maltraitance physique et psychologique que subit Jacquesau quotidien de la part de ses parents, en particulier de sa mère qui,d’origine paysanne, n’a pas su élever son enfant et lui donner une enfanceépanouie. L’absence d’affection et de tendresse maternelles font énormément souffrirJacques qui subit ce traitement en silence. Il n’est pas uniquement ignoré parses parents, il est battu régulièrement par sa mère qui est convaincue de lapertinence de l’adage « qui aime bien châtie bien », ainsi que parson père professeur qui fait en sorte de lui donner des coups de pied à l’écoleafin de prouver qu’il n’a pas de préférence pour son fils par rapport auxautres garçons de sa classe : « Ilfallait qu’il prouvât qu’il ne favorisait pas son fils, qu’il n’avait pas depréférence. »

         Il faut néanmoinsajouter une réserve. Jacques est loin d’être un narrateur omniscient du faitd’avoir été l’enfant qui a subi tous ces traumatismes. Même s’il serait injustede présumer qu’il ment relativement aux événements de son récit, on peut enrevanche supposer qu’il ne comprend pas assez les motifs et le ressenti de sesparents à cette époque. Par exemple, est-ce que sa mère voulait réellementqu’il ne soit jamais heureux ou bien pensait-elle sincèrement l’aider à devenirun homme respectueux et épanoui ?

 

                        B. En société

 

         Les souvenirsdouloureux d’une vie de souffrance liée aux maltraitances de la part de sesparents sont renforcés par la misère dans laquelle vit le petit garçon. Eneffet, il vit dans la pauvreté et la saleté. On ressent la pauvreté des lieuxtels que les rues ou la maison même dans laquelle il habite.

            Il faut aussi mentionner l’école, unendroit ou les enfants passent une grande partie de leur vie. Bien sûr, l’écoleet le « chez soi » coïncident parfois lorsqu’on est fils deprofesseur. Mais la plupart des souffrances subies par Jacques à l’école ne luisont pas infligées par son père. La nourriture dégoûte le garçon, lesprofesseurs ne correspondent pas non plus à ses idéaux. L’un d’entre eux luipermet de plagier d’autres auteurs : « Vous n’êtes au collège quepour cela, pour mâcher et remâcher ce qui a été mâché par les autres »,et il a une aventure malheureuse avec un autre. Ils ne lui permettent pas des’épanouir dans sa créativité. De plus, les autres élèves sont désagréables etse moquent de son père qui est pourtant sérieux et consciencieux dans sontravail. Bref, la vie en société de Jacques Vingtras est pleine de peine et dedésillusion.

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