L’Ingénu

par

La nécessité de la raison et de l’esprit philosophique

Tout comme Candide de Voltaire qui souligne l’optimisme irraisonné du héros Pangloss par rapport aux réalités contemporaines, L’Ingénu est également un récit où sont confrontées raison individuelle et loi sociale. Voltaire finit par démontrer que la raison est le meilleur outil de l’homme, et que tout être humain doit s’en servir pour façonner sa vie.

Mais pour raisonner, il faut se séparer des préjugés. Les préjugés limitent inutilement l’intelligence humaine et l’épanouissement intellectuel. Voltaire démontre cet argument en prouvant que les idées reçues – même dès le bas-âge – conditionnent chaque être humain à un certain style de vie qu’il sera forcé de poursuivre pour le reste de son existence. Il soutient ce point de vue en comparant l’être humain moyen à son héros, le Huron : « Sa conception était d'autant plus vive, et plus nette, que son enfance n'ayant point été chargée des inutilités et des sottises qui accablent la nôtre, les choses entraient dans sa cervelle sans nuage. » En d’autres termes, l’Ingénu était particulièrement intelligent (et avait très bonne mémoire), ceci car dès le bas-âge, son esprit avait eu l’opportunité de se développer « naturellement », car il n’était pas encombré par des connaissances inutiles. Pour Voltaire, l’esprit humain est un outil puissant qui, bien que vide au départ, se fera engraver par les connaissances acquises par tout homme au moyen de son intelligence.

Ainsi donc, Voltaire s’oppose aux lois prédéfinies car elles limitent l’individu, d’autant plus que la plupart du temps elles n’ont pas de sens. Par exemple, lorsque l’Ingénu apprend qu’il lui faudra une autorisation spéciale du pape pour épouser la femme qui se trouve être sa marraine, il ne le comprend pas : « Je quitterais mademoiselle de Saint-Yves pour aller demander la permission de l'aimer à un homme qui demeure vers la Méditerranée, à quatre cents lieues d'ici, et dont je n'entends point la langue ! Cela est d'un ridicule incompréhensible. » Ainsi, le bonheur social est entravé par les idées et les conventions prédéfinies. Et comme un animal sauvage, il faut que l’homme se libère de ces chaînes. Mais le Huron qui se veut être le médiateur de cette transition doit lui-même se métamorphoser afin de s’adapter à cette société embryonnaire qu’il souhaite éduquer. Ainsi, le processus de maturation est réciproque. 

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