L’Ingénu

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La société française : une société vaine

De prime abord, Voltaire fait une satire de la vanité du peuple français. Les Français semblent penser que la France est un royaume parfait et que toute personne qui en est originaire devrait se sentir privilégié. C’est empreint de cette mentalité que l’abbé de Kerkabon déclare au Huron : « vous avez l'honneur, mon cher neveu, d'être […] Bas−Breton ! »

Et en plus de cela, ils ne peuvent accepter que le Huron, dans son état de « sauvage » et indigène anglais ose défier leur culture et leurs mœurs, et puisse être beaucoup plus intelligent qu’eux. Ce sentiment d’importance est tellement poussé que pour eux, toute personne qui n’est pas née en France est automatiquement un illettré. Le texte le déclare d’ailleurs : « L’Abbé de Saint-Yves supposait qu’un homme qui n’était pas né en France n’avait pas le sens commun ». C’est sans doute la raison pour laquelle l’abbé de Kerkabon – une fois de plus – essaie de justifier la sagesse du Huron par ses gènes : « sûrement la nature l'avait beaucoup favorisé, tant du côté paternel que du maternel. ».

En plus de cela, les Français glorifient leur langue, au point de croire qu’elle est la plus belle langue du monde (après le bas-breton), et d’insinuer que si la Tour de Babel n’avait pas existé, le monde entier aurait parlé français.

En plus d’être une société vaine, la société française est corrompue. Voltaire le démontre au travers des abus de pouvoir mis en exergue dans sa nouvelle, notamment celui de Saint-Pouange. Aidé par le père Tout-à-Tous (dont le nom révèle sans doute la duplicité), Saint-Pouange, homme de pouvoir et fonctionnaire de son état, conditionne Mlle de Saint-Yves à devenir sa maîtresse, afin de faire libérer le Huron. Cette exploitation des plus faibles rappelle aussi en quelque sorte une forme d’esclavage, ou plus précisément, le problème de l’exploitation des femmes. 

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