La honte

par

Annie

Annie est la narratrice, personnage principal de ce récit à caractère autobiographique. Elle incarne l’auteur, et raconte tous les souvenirs de l’écrivain. L’écrivain retrouve la petite fille qu’elle était en 1952, comme si rien n’avait changé : ‘’ Les mots qui m'ont fait rêver en 52 , la reine de Golconde , Boulevard du crépuscule , ice-cream , pampa n'auront jamais aucun poids , ils ont gardé leur légèreté et leur exotisme d'autrefois , quand ils ne renvoyaient qu'à des choses inconnues . ‘’

 

Annie est une petite fille intelligente, vive d’esprit, ouverte sur le monde. Elle aime lire et rejette ce qu’on lui offre et les livres religieux. Elle a l’impression que lire est mal vu, car source de savoir, de connaissances autres, comme si elle luttait contre l’ordre établi : ‘’La lecture est source de suspicion….Ceux (les livres) qui sont distribués le jour des prix et fournis par le libraire catholique de la ville n'ont pas pour destination d'être lus mais d'être montrés ‘’. Ces livres religieux représentent pour elle ce que les gens montrent pour faire comme si ils étaient instruits et moraux. Elle préfère pour sa part les livres d’histoire et les romans.

Elle aime apprendre et s’ennuie beaucoup dans l’éducation qu’elle reçoit de ses parents. En effet, tout est trop strict, l’école, la religion, les habitudes, le fait de devoir suivre une moralité qu’elle n’aime pas, alors qu’elle n’a que douze ans.

Elle vit avec ses parents, envers qui elle a de drôles de sentiments. Elle tient à eux, en gardant un esprit critique très fort. Elle n’est pas d’accord avec leurs manières de vivre et refuse de devoir un jour reprendre la boutique. Elle les aime presque, mais les décrit de manière froide et sans colère,  sans sentiment, on ne sait pas ce qu’elle pense d’eux finalement.

Elle est insoumise, et ne veut pas se plier aux règles que tout le monde lui impose.

 

Elle écrit elle-même qu’elle ne s’identifie pas tant à tout ce qu’elle a vécu, mais apporte sa pierre, pour parler de ce qu’elle a vu, vécu. C’est son historicité comme elle le dit, son caractère historique et ainsi l’exploitation de sa mémoire : ‘’ Notre mémoire est hors de nous dans un souffle pluvieux de temps, l'odeur de la première flambée d'automne….Des choses de la nature qui rassurent, par leur retour, sur la permanence de la personne. A moi…la mémoire n'apporte aucune preuve de ma permanence ou de mon identité. Elle me fait sentir et me confirme ma fragmentation, et mon historicité. ‘’

 

Après qu’elle ait vu la terrible scène de ce dimanche de juin 1952, elle ne sera plus jamais la même. Souvent troublée, elle aura peur de retrouver sa mère assassinée un jour par son père. La vie qui a repris son cours n’est qu’une façade pour elle, elle aura toujours honte d’eux, et d’elle même : ‘’ Il était normal d'avoir honte, comme d'une conséquence inscrite dans le métier de mes parents, leurs difficultés d'argent, leur passé d'ouvriers, notre façon d'être. Dans la scène du dimanche de juin. La honte est devenue un mode de vie pour moi. A la limite je ne la percevais même plus, elle était dans le corps même. ‘’. Elle s'est sentie affreusement seule dans sa situation, ne pouvant nouer de relation autour d’elle et ne pouvant se fier à ses parents : ‘’ Le pire dans la honte, c'est qu'on croit être seul à la ressentir. ‘’

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