La honte

par

La honte : justification du titre.

Le personnage principal, et narrateur, exprime ce sentiment de honte qui justifie le titre. Une honte qu’elle ressent à cause de ses parents, dès son enfance, ce que l’auteur confie en quelques lignes : ‘’ J'ai toujours eu envie d'écrire des livres dont il me soit ensuite impossible de parler, qui rendent le regard d'autrui insoutenable. Mais quelle honte pourrait m'apporter l'écriture d'un livre qui soit à la hauteur de ce que j'ai éprouvé dans ma douzième année. ‘’ , justifiant son besoin d’écrire, qui ne pourrait jamais susciter en elle autant de honte que ce qu’elle a subi dans sa jeunesse. Ce récit s’apparente à certains moments comme une véritable confession.

 

Au-delà d’une enfance plutôt malheureuse et teintée de négatif, lorsqu’elle doit en faire un bilan, la narratrice raconte un moment précis de sa vie, qui constitua ce moment de honte, qui la frappa sur le coup, la hanta de nombreuses années : il y eut un avant et un après, par rapport à cet événement : ‘’ Mon père a voulu tuer ma mère un dimanche de juin, au début de l'après-midi.". Cette phrase ouvrant le récit annonce un roman au ton sans équivoque : cet événement est d’autant plus surprenant que tout semblait calme dans cette vie sans passion, avec des parents ternes, vivant ensemble sans que l’on ait l’impression qu’ils s’aiment vraiment. La petite fille narre qu’un après-midi du mois de juin 1952, alors qu'elle n’avait que douze ans, elle fut témoin d’une scène de violence qui la marqua à jamais, autant pour ce qu’elle y a vu que ce qu’elle a entendu, notamment la voix de son père furieux. En effet, son père a essayé de tuer sa mère, à coup de serpe. Elle ignore toujours quelles furent ses motivations, et a toujours craint qu’il ne recommence un jour . Elle a longtemps cru que cela était dû à la déception de son père, qui pensait que sa femme était tombée enceinte alors qu’elle était ménopausée. Annie ressentit longtemps une honte sans borne pour cela, elle était très malheureuse et avait peur qu’un jour son père réessaie. : ‘’ Depuis plusieurs jours, je vis avec la scène du dimanche de juin. Quand je l'ai écrite, je la voyais en "clair", avec des couleurs, des formes distinctes, j'entendais les voix.‘’.
L'avoir mise en mots n'a rien changé à son absence de signification. ‘’Elle est toujours ce qu'elle a été en 52, une chose de folie et de mort, à laquelle j'ai constamment comparé, pour évaluer leur degré de douleur, la plupart des événements de ma vie, sans lui trouver d'équivalent. ‘’. Cela montre son incompréhension, elle est comme interdite, ne sachant que faire, que penser, cette scène la hante, sans arriver à lui trouver un sens : tout n’était que folie et mort dit elle.

 

Cela entraina donc une honte sans limite  : ‘’ Il y a ceci dans la honte : l'impression que tout maintenant peut vous arriver, qu'il n'y aura jamais d'arrêt, qu'à la honte il faut plus de honte encore. ‘’, comme si elle était fatale, et éternelle.

 

Elle revoit cette scène comme ayant vu ‘’ ce que je ne devais pas voir ‘’, et cela changea toute sa vie, la bouleversa, fit d’elle une adolescente perturbée. La honte est devenue habituelle, voyant ses parents comme deux fous, générant des craintes pour elle : ‘’ Tout de notre existence est devenu signe de honte. La pissotière dans la cour, la chambre commune – où, selon une habitude répandue dans notre milieu et due au manque d'espace, je dormais avec mes parents -, les gifles et les gros mots de ma mère, les clients ivres et les familles qui achetaient à crédit. A elle seule, la connaissance précise que j'avais des degrés de l'ivresse et des fins de mois au corned-beef marquait mon appartenance à une classe vis-à-vis de laquelle l'école privée ne manifestait qu'ignorance et dédain.

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