La Mort de Napoléon

par

Une réflexion globale sur la destinée

Napoléon, on l’a vu, n’a plus la maîtrise de son destin.En cela, ce livre se rapproche du conte philosophique, avec pour thèmeprincipal la destinée des hommes, les choix qu’ils font, qui les mènent parfoisau succès de leurs projets, qui les en éloigne d’autres fois.

Cette œuvre est une manière de montrer que pour découvrirson propre destin, il faut se départir de tous les rôles que l’on joue constamment.Si l’on extrapole, au-delà du destin de Napoléon, ces rôles sont ceux de père,de fils, de mari, de tel professionnel – tous ces rôles qui faussent le destinet bien souvent retardent voire annihilent tous les rêves faits plus jeune. Ladestinée, pour être découverte, nécessite donc la liberté totale vis-à-vis detous ces engagements, une mise à nue intégrale.

Napoléon, dans ce désir de reprendre son destin en main,a pour projet fou, du moins au début, de renouer avec le grand homme qu’il fut,puissant chef d’armée et empereur. On n’est pas ici dans la volonté de repartirde zéro et de recommencer une vie nouvelle, mais de rencontrer son proprepassé, le destin que l’on avait tracé à une époque et que l’on cherche àretrouver, ce qui est évidemment plus difficile encore pour lui quand son sosiemeurt.

La destinée de Napoléon est donc perdue pour lui, et parlui : cela se matérialise par la différence entre ce qu’il fut et ce qu’ilest, bien que l’on retrouve des similitudes entre ces deux vies, même si l’une futhistorique et l’autre moins prestigieuse, à jouer à l’homme d’affaires et ànégocier des fruits en mettant à profit des talents militaires propres àconquérir le continent entier. La réflexion sur la destinée se joue ainsi entrela vie dont il rêvait, la vie qu’il a vécue, ce qu’il représente dans lamémoire de ses contemporains qui l’ignorent désormais et sa vie présente.

Il n’est pas le seul à ressentir cette différence ;en effet, le médecin-major, « un fidèle de toujours », est le seul àavoir reconnu Bonaparte et il est malheureux tant pour lui-même que pour celuiqu’il admirait alors : « Il setrouvait un peu dans la position du croyant à qui Dieu aurait tout juste révéléqu’il avait l’intention de prendre sa retraite. » La comparaison avecDieu n’est pas anodine et si elle prête à sourire, elle laisse présumer dufossé existant entre les désirs de grandeur de l’ancien empereur et sa vieactuelle faite de résignation.

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