La morte amoureuse

par

Clarimonde

Clarimonde est une femme vampire qui semble rechercher l'amour, l'unique, puisqu'elle ne ressuscite que par lui. Cependant, sa survie dépend également du sang qu'elle peut prendre à Romuald. Elle paraît être une femme aimante et douce puisqu'elle s'en veut de prendre du sang à son amant : « je ne te ferai pas de mal, je ne prendrai de ta vie que ce qu'il faudra pour ne pas laisser éteindre la mienne. […] Et, tout en disant cela, elle pleurait ». Mais elle est pourtant décrite par ailleurs comme une femme impie : « Ah ! te voilà, démon, courtisane impudique, buveuse de sang et d'or ! ».

En elle aussi réside un être ambivalent : elle est une femme belle, aimable, qui sait aimer, et Romuald en dresse d'ailleurs un portrait des plus flatteurs au début : « Les plus grands peintres, lorsque, poursuivant dans le ciel la beauté idéale, ils ont rapporté sur la terre le divin portrait de la Madone, n'approchent même pas de cette fabuleuse réalité. Ni les vers du poète ni la palette du peintre n'en peuvent donner une idée. » Mais c'est aussi un être perfide, qui se perd dans des orgies, qui se veut aussi forte que Dieu et qui résiste à la mort, une séductrice destructrice. Elle usera de ses charmes pour envoûter Romuald et l'attirer à elle, bien qu'il semble au départ refuser ses avances : sa condition de prêtre ne la touche pas, elle satisfait ses désirs avant les autres. Mais cette existence de parasite prend fin quand Sérapion jette de l'eau bénite sur son cadavre pour l’empêcher de revenir une nouvelle fois à la vie.

Inscrivez-vous pour continuer à lire Clarimonde >

Dissertation à propos de La morte amoureuse