La morte amoureuse

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Résumé

À soixante-six ans, Romuald, prêtre de campagne, revient sur une anecdote de jeunesse qui bouleversa sa vie. À vingt-quatre ans, après des études de théologie, la date de son ordination est fixée à la semaine de Pâques. Ce sera sa première confrontation avec le monde : « Je savais vaguement qu’il y avait quelque chose que l’on appelait femme ». C’est lors de cette ordination qu’il voit pour la première fois une femme dont il fait un long éloge. Cette inconnue le trouble tant qu’il remet en cause sa présence, ses choix : est-il réellement fait pour la vie religieuse ? Celle-ci lui promet qu’à ses côtés il sera plus heureux que Dieu lui-même. Tiraillé entre sa dévotion religieuse et les invitations de l’inconnue, il en oublie la cérémonie d’ordination qui le fait désormais prêtre. L’inconnue disparaît alors en lui disant : « Malheureux, malheureux, qu’as-tu fais ? ». Alors qu’il sort de l’église, un page lui remet un portefeuille contenant le prénom de l’inconnue : Clarimonde, venant du palais de Concini.

Ne parvenant pas à l’oublier cette femme, Romuald cherche un moyen de la revoir, bien qu’il n’ait pas le droit de sortir du séminaire où il attend son affectation dans une cure. Il regrette amèrement son nouveau rôle qui le sépare de Clarimonde : « Ah ! Si je n’eusse pas été prêtre, j’aurais pu la voir tous les jours ; j’aurais été son amant, son époux ». Après plusieurs jours de lamentations, il reçoit la visite de l’abbé Sérapion. Surpris du changement brutal de comportement du jeune prêtre, il l’avertit contre la tentation du Diable et lui annonce sa nomination dans une cure suite à la mort de l’ancien prêtre. Romuald se résout donc à ne plus revoir Clarimonde.

En arrivant à la cure, nouveau prêtre interroge Sérapion sur un palais qu’il aperçoit à trois jours de marche de la cure ; il s’agit du palais de Concini. Clarimonde n’est donc pas perdue à jamais. Romuald s’établit donc dans sa cure avec la gouvernante Barbara et le chien de l’ancien prêtre. Une nuit, il reçoit la visite d’un homme qui requiert son aide pour assister sa maîtresse dans ses derniers souffles. Après une course à cheval effrénée, il arrive dans la cour d’un château. Le page lui ayant remis le portefeuille quelques jours auparavant l’accueille et lui apprend la mort de sa maîtresse qui n’est autre que Clarimonde. Romuald retrouve le corps et la beauté de l’inconnue ; son apparence n’a rien de commun avec celles des autres morts qu’il a pu voir auparavant. Passé sa contemplation, il commence par lui toucher le bras, puis il l’embrasse. Clarimonde se lève quelques secondes pour lui dire qu’ils sont désormais fiancés et qu’elle viendra le voir chez lui car elle l’aime. Romuald s’évanouit.

Lorsqu’il reprend conscience, il est étendu dans sa chambre du presbytère et apprend par Barbara qu’il est là depuis trois jours. D’après elle, l’homme venu demander de l’aide l’aurait ramené. Cependant, le château où il a vu Clarimonde n’existerait pas : « Personne ne connaissait dans les environs un château auquel s’appliquât la description du château où j’avais retrouvé Clarimonde ». Un matin, l’abbé Sérapion lui rend visite, ayant appris par la gouvernante que son ami était malade. Il apprend à Romuald que Clarimonde serait déjà morte auparavant à la suite d’une longue orgie et qu’elle est le sujet d’étranges histoires qui ont vu tous ses amants finir atrocement. Il la compare au Diable : « On a dit que c’était une goule, une vampire femelle ; mais je crois que c’était Belzébuth en personne ».

Une nuit, Clarimonde lui apparaît dans sa chambre ; son apparence oscille entre une ombre et un corps mais sa beauté est toujours la même. Elle prétend revenir d’entre les morts par amour pour Romuald qui oublie ce que lui a dit Sérapion et se laisse aller au plaisir charnel : « Je me laissais faire avec la plus coupable complaisance ». Tout en lui déclarant son amour, Clarimonde le berce de ses caresses et de sa beauté puis lui demande de partir avec elle. Romuald lui promet que cela se fera dès le lendemain. Ils partent dans ce qu’il croit être Venise et habitent dans un grand palais de marbre sur le Canaleio.

Heureux et comblé par cette femme parfaite, Romuald est cependant hanté par un rêve où il est curé de village. Et puis aussi, les avertissements de Sérapion et les rumeurs concernant Clarimonde lui reviennent parfois à l’esprit. Progressivement, la santé de sa bien-aimée décline mais à la vue du sang coulant d’une coupure de Romuald, elle semble revivre : sa vie est dans celle de son fiancé. Sérapion est conscient et inquiet de ce qui arrive au jeune prêtre. Une nuit, Romuald surprend Clarimonde entrain de lui piquer le bras à l’aide d’une aiguille pour lui prélever du sang. Malgré la preuve que Sérapion avait raison à propos de Clarimonde, Romuald ne parvient pas à la quitter : « Je ne pouvais m’empêcher d’aimer Clarimonde, et je lui aurais volontiers donné tout le sang dont elle avait besoin pour soutenir son existence factice ».

Décidé à sortir Romuald de cette relation destructrice, Sérapion le convainc d’aller déterrer Clarimonde de sa tombe. Celle-ci se trouve étendue dans son cercueil, morte, toujours intacte. Sérapion exorcise le corps. Pourtant, la nuit suivante, Romuald reçoit la visite de Clarimonde qui lui dit comme la première fois à l’église : « Malheureux, malheureux ! Qu’as-tu fais ? ». Puis elle s’évapore en lui promettant qu’il la regrettera. La nouvelle se termine avec cette citation : « Ne regardez jamais une femme, et marchez toujours les yeux fixés en terre, car, si chaste et si calme que vous soyez, il suffit d’une minute pour vous faire perdre l’éternité. »

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