La morte amoureuse

par

Un auteur féru de peinture et peintre lui-même

Avant d’être écrivain Théophile Gautier s’était essayé à la peinture, mais malgré sa formation auprès d’un maître reconnu, il s’était vu congédié. Il se lança donc dans la critique d’art et l’écriture. Ses récits seront d’ailleurs très influencés par le courant romantique de la peinture, précurseur de l’orientalisme, notamment par Eugène Delacroix, son chef de file.

Une allusion à la peinture est faite dès le début du récit : « une vie de damné, une vie de mondain et de Sardanapale. » La figure de Sardanapale fait tout de suite penser à un tableau d’Eugène Delacroix, La Mort de Sardanapale, qui  représente la mort d’un roi légendaire qui aurait vécu en 630 av. J.-C. Outre les personnages, c’est surtout les couleurs qui font l’intérêt de ce tableau ; en effet, à travers elles, Delacroix illustre son appartenance au courant romantique, en opposition au classicisme. Les couleurs sont vives, nouvelles, le peintre joue sur l’intensité des lumières, des couleurs et sur les contrastes. C’est ce qu’a voulu imiter Théophile Gautier dans son roman. Les couleurs ainsi que les lumières semblent avoir pour Romuald une très grande importance. Dans l’église, lorsqu’il rencontre Clarimonde, c’est par une pléthore de couleurs et de termes de couleurs qu’il la décrit : « étincelante des couleurs du prisme, et dans une pénombre pourprée comme lorsqu’on regarde le soleil. » Chacun des membres de l’inconnue semble avoir une couleur propre ; son front est d’une « blancheur bleuâtre et transparente », ses prunelles sont « vert de mer », etc. L’utilisation de termes nouveaux comme « vert de mer » souligne par ailleurs l’appartenance de l’auteur au courant romantique, et montre qu’il s’adresse à une certaine catégorie de personnes. Les néophytes en peinture ne peuvent pas concevoir les nuances de cette couleur et donc saisir toutes les teintes dont le narrateur pare Clarimonde.

En outre, on constate plusieurs fois dans le texte le champ lexical des peintres et de la peinture à travers des termes comme « peintre », « portrait », « Madone » ou encore « palette », propres à l’attirail du peintre ou à ses représentations en peinture. Dans cette nouvelle, Théophile Gautier a donc tenté de partager avec le lecteur son goût de la peinture et des arts.

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