La princesse de Clèves

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Résumé

Première partie

 

La France, sous Henri II, connaît une période faste et heureuse. À la cour, princes et princesses rivalisent de beauté et d’élégance et la vie semble douce pour les gens de la noblesse. C’est dans ce contexte que paraît pour la première fois au Louvre une jeune fille jusqu’alors inconnue : Mlle de Chartres. Élevée par sa tutrice Mme de Chartres, elle cultive à la fois beauté, esprit et vertu. Au palais, sa personne ne manque pas d’attirer les regards et de susciter l’admiration. Parmi les gens de la cour, un homme en particulier s’éprend de sa personne : le prince de Clèves. Il conçoit rapidement pour la jeune fille une passion sans bornes et fait savoir à la cour ses intentions. Touchée par son attitude, Mlle de Chartres fait part à sa mère de ses bontés, et, bien que n’ayant aucune attirance particulière pour lui, accepte de l’épouser. Mme de Chartres, ravie de cet arrangement, leur donne sa bénédiction. La joie du prince de Clèves se voit cependant altérée par le sentiment d’indifférence polie qui émane de sa jeune épouse. Elle n’éprouve pour lui ni impatience ni jalousie, ce qui l’attriste et donne lieu à de nombreux reproches au sein du nouveau couple.

Un soir, alors qu’elle se trouve aux noces du duc de lorraine et de Claude de France, la princesse de Clèves fait la rencontre du duc de Nemours. À sa vue, naît en elle un trouble dont elle peine à saisir l’origine. Les jours suivants, le duc de Nemours paraît plus que jamais à la cour ; et la princesse de Clèves, impressionnée par toutes les qualités de sa personne, commence à concevoir pour lui un amour naissant. Mais dans le même temps, Mme de Chartres tombe malade : la fièvre la saisit et ne descend plus. Avant de mourir, comme rien ne lui échappe, elle met sa fille en garde contre la dangerosité des passions naissantes. À l’annonce de son décès, la princesse de Clèves, affligée, se retire avec son mari à la campagne dans leur maison de Coulommiers. À son chevet, l’homme est très présent ; il lui permet d’affronter sa douleur mais également de se sentir protégée contre l’inclination de son cœur pour Nemours.

Un jour, alors que la princesse de Clèves apprend la mort de Mme de Tournon qu’elle tient en haute estime, son mari lui conte les frasques de cette femme avec son très bon ami le comte de Sancerre.

 

Seconde partie

 

Commence alors un récit emboîté. Il y a quelques années, le comte de Sancerre est tombé fou amoureux de Mme Tournon, jeune veuve éplorée. Sans rien laisser paraître aux yeux de la cour, il courtise la jeune femme et entretient rapidement une liaison avec elle. Le prince de Clèves, découvrant par hasard les faits, met en garde son ami, mais le comte ne veut rien entendre et s’enferme dans l’idée qu’un jour, lui et Mme de Tournon seront mariés. Les mois passent et la veuve repousse chaque jour un peu plus le mariage. Sa mort, il y a seulement quelques jours, met un terme définitif aux espoirs de Sancerre, mais elle permet également de révéler les mensonges de la défunte : son ami Estouteville entretenait lui-même une liaison avec Mme Tournon et devait bientôt l’épouser. Sur ces entrefaites, le prince de Clèves termine son histoire. Souhaitant retourner au chevet de son ami, il propose alors à son épouse de regagner dès le lendemain Paris à ses côtés, ce à quoi elle consent.

Heureuse de son retour, la princesse de Clèves se pense par ailleurs guérie de son amour pour le duc de Nemours. Il apparaît cependant rapidement que ses sentiments sont loin de s’être estompés. En effet, la princesse apprend que le duc, fou d’amour, est prêt à renoncer à un possible mariage avec la reine d’Angleterre pour elle. Touchée, Mme de Clèves conçoit à son égard une plus grande tendresse encore.

De son côté, le duc, ayant appris le retour de sa bien-aimée, se rend à ses appartements et lui révèle qu’elle est bien l’objet de toutes ses pensées. Il lui avoue, de manière détournée, qu’il déplore que tout le monde, sauf elle, ait remarqué le grand changement qui s’est effectué en lui depuis son retour de Flandres ; autrefois quelque peu volages, ses regards se sont en effet concentrés. Terriblement gênée, Mme de Clèves ne sait si elle doit répondre ou non à cette déclaration, ses sentiments lui échappant totalement. Mais l’arrivée impromptue de M. de Clèves met rapidement fin à l’entrevue des deux amants. Cet entretien plonge la princesse dans un tel trouble qu’elle décide, pour remédier à son état, d’éviter toute sortie, toute occasion de rencontrer le duc. Son mari, constatant l’attitude casanière de sa femme, la contraint à revenir à son comportement d’antan, sans rien entendre de ses suppliques.

À la cour, la reine dauphine prend un certain plaisir à faire peindre des portraits des belles personnes du palais. Ainsi, Mme de Clèves n’y fait pas exception. La princesse de Clèves surprend Nemours dérober le sien, et elle se sent à la fois si embarrassée et flattée qu’elle n’ose rien dire. Quant au duc, il prend le silence de la jeune femme pour un aveu d’amour.

Quelque temps après ces événements, alors que Nemours vient de disputer une partie de paume avec sa majesté, son cheval bute violemment contre un pilier et le cavalier s’évanouit quelques instants. Quand l’homme retrouve ses esprits, l’inquiétude manifeste de la princesse de Clèves ne lui échappe point. Gênée, la jeune femme se retire pour mieux comprendre les inclinations de son cœur. C’est alors que la reine dauphine lui apporte une lettre adressée à M. de Nemours provenant selon toute vraisemblance d’une de ses maîtresses. La princesse de Clèves connaît alors pour la première fois la jalousie.

Il s’avère cependant que cette lettre n’était pas destinée au duc mais au vidame de Chartres, fort contrarié par sa perte, et qui très inquiet va conter ses mésaventures à Nemours. Il le supplie de se proclamer officiellement le destinataire de la lettre. En effet, les révélations qu’elle contient pourraient causer non seulement le déshonneur d’une femme qu’il aime énormément mais aussi engendrer la colère de la reine et provoquer la fin de sa vie au palais.

 

Troisième partie

 

Le duc de Nemours voit cet arrangement d’un mauvais œil : il craint en effet que l’affaire n’entraîne une méprise avec la princesse de Clèves. Comprenant les craintes qui l’animent, le vidame de Chartres tend à son ami un billet doux qui lui permettra de s’innocenter auprès de sa propre maîtresse si besoin. Avant de se rendre chez la reine, le duc prend donc soin de voir la princesse de Clèves afin de tout lui révéler. Il lui apprend ainsi les aventures du vidame de Chartres, preuve à l’appui, et achève de rassurer la jeune femme sur ses liaisons à lui.

Quand enfin le duc de Nemours se retire, la princesse de Clèves s’en va rejoindre la reine. Celle-ci lui réclame alors la fameuse lettre d’amour, déjà repartie entre les mains du vidame de Chartres. Fort embarrassée, Mme de Clèves décide, avec l’aide du duc, de réécrire de mémoire le texte. Le moment d’intimité qu’ils passent ensemble ravive de forts sentiments chez la jeune femme, lui inspirant pour sa propre personne un profond dégoût. Elle décide alors de retourner vivre à la campagne, malgré l’incompréhension de son mari.

À cette nouvelle, le duc de Nemours prétexte rejoindre sa sœur, la duchesse de Mercœur, dont la maison se trouve à quelques kilomètres seulement de Coulommiers. Et alors qu’il chevauche seul, ses pas le conduisent directement à la demeure des Clèves. Mais, surpris par l’arrivée du couple, il se cache précipitamment dans un cabinet, d’où il entend alors malgré lui les confessions de Mme de Clèves à son mari : malgré la tendresse qu’elle éprouve pour celui-ci, elle se dit amoureuse d’un autre homme, dont elle se défend de révéler le nom. M. de Nemours, qui ne perd pas un mot du discours, ne peut concevoir être la cause d’un tel aveu. Son amour pour la jeune fille est tel qu’il s’imagine que chaque homme a sur elle les mêmes vues. Persuadé que Mme de Clèves en aime un autre, il en conçoit une mortelle jalousie. De son côté, M. de Clèves, qui tente de connaître le nom de l’amant de sa femme, est interrompu par un gentilhomme. Contraint de s’en aller rejoindre le roi à Paris, il supplie sa femme de le rejoindre dans la capitale le lendemain.

Le duc de Nemours fait également son retour dans la capitale, tandis que Mme de Clèves reste encore quelques jours dans sa maison de campagne. Le duc commet une imprudence en partageant avec son grand ami le vidame de Chartres ses inclinaisons amoureuses, et en lui révélant le contenu de la conversation qu’il a surprise sans lui dire de quelle dame il s’agit.

De son côté, M. de Clèves réclame le retour de sa femme à Paris ; l’aveu qu’elle lui a fait le tourmente et il éprouve le besoin de connaître le nom de son amant.

 C’est en observant le comportement de sa compagne qu’il finit par comprendre vers qui vont ses sentiments. Dévasté mais toujours amoureux, il l’implore de rester à ses côtés, tout en conservant envers lui son entière fidélité.

À la cour, les confidences du duc au vidame commencent à se répandre : la princesse de Clèves est fort embarrassée devant un tel étalage, même si elle n’est pas la cible de soupçons. Fasse à la rumeur grandissante, les époux ne savent sur qui rejeter la faute : certains de n’avoir rien dit et n’imaginant pas l’autre dévoiler une telle chose, ils ne voient aucune explication plausible à cette exposition de leur intimité. Il n’en reste pas moins que leur secret se trouve entre les mains d’un autre. Un silence persistant s’installe au sein du couple, qui ne sait comment réagir.

C’est dans ce climat tendu que M. et Mme de Clèves se rendent au tournoi organisé pour les noces de Mme Élisabeth et du duc d’Albe. Quatre hommes de la cour, dont le duc de Nemours, ont été sélectionnés pour être avec le roi les tenants du tournoi. Comme le veut la coutume, chacun se pare des couleurs de son choix : le duc se vêt de noir et de jaune, Mme de Clèves lui ayant révélé qu’elle aimait cette dernière couleur. La cour, excepté la princesse, s’interroge sur la signification d’un tel geste.

Toute la journée, des combats de toute beauté ont lieu. Mais alors que la joute prend fin, Henri II, contre l’avis de tous, décide de mener un dernier combat, lequel lui sera fatal – épisode historique.

 

Quatrième partie

 

À Reims, un nouveau règne se prépare, celui du fils d’Henri II, François II. Le duc prenant part au voyage du couronnement, Mme de Clèves demande la permission à son mari de ne pas les accompagner et de se retirer à Coulommiers. Là, la jeune demande à ce qu’on lui apporte certaines toiles du palais, parmi lesquelles figure un portrait du duc de Nemours.

Une fois le couronnement terminé, le duc conçoit l’idée d’aller observer la princesse à son insu. Cependant, les questions qu’il pose autour de lui n’échappent pas à la vigilance de M. de Clèves qui comprend très vite les intentions du jeune homme et dépêche un de ses espions pour le filer. Arrivé à Coulommiers, le duc vient chaque nuit observer sa bien-aimée. Un soir, il la surprend en train d’accrocher des nœuds jaunes et noirs à une canne qui lui a appartenue. Cette attitude sans équivoque le transporte de joie. Mais c’est au moment où elle se met à contempler amoureusement un portrait de lui qu’il s’enhardit et décide de l’approcher. Cependant, le bruit qu’il fait alerte la jeune femme qui, soupçonnant l’identité de son visiteur nocturne, préfère s’enfuir. Loin de se décourager, M. de Nemours réitère chaque nuit sa venue.

Le gentilhomme envoyé par M. de Clèves, de son côté, n’a rien perdu des scènes qui se sont jouées sous ses yeux à Coulommiers. Il retourne rapidement aux côtés de son maître qui, sans attendre le récit de toute l’histoire, le congédie. Persuadé d’avoir été trahi, le prince tombe fort malade. Alertée de son état, son épouse rentre au plus vite à Paris pour être à ses côtés. L’accusant tout d’abord d’infidélité, il comprend finalement que sa femme ne l’a jamais trompé. Les paroles rassurantes de Mme de Clèves ne restaurent cependant pas la santé de son mari qui meurt emporté par la fièvre. Persuadée qu’il est mort par sa faute, la princesse n’arrive pas à se le pardonner et reste plusieurs mois dans un état de langueur. Malgré sa passion toujours violente pour M. de Nemours, elle se refuse encore à lui.

Dans un élan désespéré, le jeune homme va alors voir M. de Chartres, l’oncle de la princesse, pour lui faire part de ses sentiments dévorants. L’homme, touché par sa requête, accepte d’organiser une rencontre entre les deux amants. Mme de Clèves se laisse alors pour la première fois aller à son inclination, avouant ouvertement les sentiments qu’elle éprouve pour le duc. Mais la jeune veuve détrompe cependant rapidement son amant : malgré ses sentiments, leur histoire n’ira pas plus loin. Sa vertu et son devoir la contraignent à garder une fidélité sans faille à son défunt mari. Par ailleurs, elle n’imagine pas M. de Nemours capable d’une passion éternelle et se refuse à le voir un jour la quitter. Hébété devant une telle décision, le duc tente par tous les moyens de faire renoncer la princesse à son choix. La volonté de la jeune femme est cependant telle qu’aucune parole ne parvient à l’ébranler. Cette entrevue sera la dernière entre les deux jeunes gens.

Les années passent, aucun des deux amants ne peut oublier ses sentiments. Malgré les tentatives répétées du duc pour obtenir les grâces de la princesse, celle-ci ne cédera jamais, préférant mener une vie monacale et reculée, « qui fut assez courte, [et] laissa des exemples de vertu inimitables. »

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