La princesse de Clèves

par

Le fondement historique de l’œuvre

Pratiquement tous les personnages de cette nouvelle (à part la Princesse de Clèves et sa mère, Madame de Chartres), sont inspirés de la véritable histoire de la Cour sous le règne d’Henri II. Le récit de Madame de La Fayette est  tellement authentique et proche de la réalité que même les personnages les moins importants sur le plan historique (telle que la sœur du Duc de Nemours, Mme de Mercœur par exemple) sont présents dans la narration.

Bien que l’héroïne soit l’un des deux caractères fictionnels de ce récit, certains critiques soutiennent l’idée selon laquelle la princesse de Clèves aurait été créée à partir d’un personnage réel. Anne d’Este, à qui le Duc de Nemours aurait fait la cour alors qu’elle était mariée au Duc de Guise. Néanmoins, contrairement à la princesse de Clèves qui mourut isolée de peur de céder aux avances du Duc de Nemours, Anne d’Este quant à elle épousa le Duc de Nemours après la mort de son mari.

De plus, Madame de La Fayette retrace – assez fidèlement – les événements historiques qui prirent place sous le règne d’Henri II, entre autres les traités de paix à Cercamp, traités de paix à Cateau Cambrésis, etc.

« Néanmoins, comme le malheur de Saint−Quentin avait diminué l'espérance de nos conquêtes, et que, depuis, la fortune avait semblé se partager entre les deux rois, ils se trouvèrent insensiblement disposés à la paix.

La duchesse douairière de Lorraine avait commencé à en faire des propositions dans le temps du mariage de monsieur le dauphin ; il y avait toujours eu depuis quelque négociation secrète. Enfin, Cercamp, dans le pays d'Artois, fut choisi pour le lieu où l'on devait s'assembler. Le cardinal de Lorraine, le connétable de Montmorency et le maréchal de Saint−André s'y trouvèrent pour le roi ; le duc d'Albe et le prince d'Orange, pour Philippe II ; et le duc et la duchesse de Lorraine furent les médiateurs. Les principaux articles étaient le mariage de madame Élisabeth de France avec Don Carlos, infant d'Espagne, et celui de Madame soeur du roi, avec monsieur de Savoie ».

C’est au milieu de ce compte-rendu méticuleux des faits historiques que l’auteur introduit le personnage de la Princesse de Clèves. Elle construit des ponts qui relient la réalité où elle situe son œuvre, à la fiction qui en est inspirée. Plus encore, l’auteur se sert de ses personnages imaginaires pour s’ériger en donneuse de leçons. Contrairement à la tendance de l’époque, le personnage de Madame de Chartres se voue à l’éducation de son enfant et la forge contre les influences néfastes de la vie à la Cour. Elle la prépare à résister aux tentations que cette vie comporte et qui ont fait la mauvaise réputation de la vie mondaine.

« La plupart des mères s'imaginent qu'il suffit de ne parler jamais de galanterie devant lesjeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a d'agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux …

… elle lui faisait voir, d'un autre côté, quelle  tranquillité suivait la vie d'une honnête femme, et combien la vertu donnait d'éclat et d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance. Mais elle lui faisait voir aussi combien il était difficile de conserver cette vertu, que par une extrême défiance de soi−même, et par un grand soin de s'attacher à ce qui seul peut faire le bonheur d'une femme, qui est d'aimer son mari et d'en être aimée ».

A l’origine, Madame de La Fayette nous présente la princesse de Clèves comme un personnage vertueux, honnête et innocent. Mais une analyse plus fine du personnage de cette princesse de manière nous amène à remarquer, malgré ses apparences naïves ; les inconsistances sur sa personnalité qui semble si parfaite. A plusieurs instances (bien que minimales) l’auteur dévoile la mauvaise foi de notre héroïne à travers ses mensonges par exemple. De ce fait, Madame de La Fayette réitère l’impossibilité de perfection du caractère humain, même chez les personnes les plus vertueuses.

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